Souvent confondu avec la maladie de Parkinson, il survient lorsque le corps est en mouvement, et non au repos. Il touche les mains puis progressivement les bras, le cou, parfois la tête ou la voix, ce qui rend difficile la réalisation des gestes quotidiens : écrire, se servir un verre, s’habiller…

Ce tremblement anormal résulte d’une anomalie des signaux de communication entre certaines régions cérébrales impliquées dans la coordination des mouvements et des automatismes. En France, près de 300 000 personnes, majoritairement de plus de 65 ans, sont concernées.

Les troubles peuvent apparaître dans l’enfance et s’aggraver. « On ne sait pas encore tout sur cette maladie, mais dans la moitié des cas on retrouve une composante génétique », explique le Pr Jean-Philippe Azulay, chef du service de neurologie et pathologie du mouvement au CHU de la Timone à Marseille.

Des anxiolytiques à la radiochirurgie

S’il n’existe pas de traitement pharmacologique spécifique pour traiter le tremblement, certains médicaments utilisés pour d’autres pathologies en limitent la sévérité : bêtabloquants, antiseptiques, anxiolytiques. « Des injections de toxine botulique dans les muscles impliqués dans les tremblements des bras ou du cou diminuent l’amplitude des mouvements anormaux », explique le neurologue.

30 à 50 % des patients répondent toutefois mal à ces traitements. Diverses approches chirurgicales peuvent être alors envisagées, telle la stimulation cérébrale profonde (SCP), qui consiste à implanter dans le cerveau, au niveau d’une partie du thalamus liée à ces tremblements (le noyau ventral intermédiaire), deux électrodes reliées à un pacemaker placé au-dessus de la clavicule.

Celles-ci envoient des impulsions électriques qui réduisent en moyenne de 70 à 80 % les tremblements. Autre technique, la radiochirurgie par Gamma Knife. Cet appareil délivre de façon externe une forte dose de rayons gamma sur le noyau ventral intermédiaire du thalamus.

« La réduction des tremblements, de l’ordre de 60 % en moyenne, est progressive et apparaît généralement au bout de quatre à six mois », note le Pr Azulay. Cinq centres hospitaliers (Paris, Lille, Toulouse, Lyon et Marseille) proposent ce dispositif.

Les ultrasons pour les formes graves

Depuis fin 2024, la thérapie par ultra-sons focalisés de haute intensité (Hifu) s’ajoute à cet arsenal thérapeutique, avec l’autorisation de son remboursement par la Haute Autorité de santé. Elle s’adresse aux formes graves et invalidantes. Déjà utilisée pour traiter des pathologies comme les fibromes, cette technique ne nécessite pas de recourir à un implant intracrânien, et ses résultats sont immédiats. Un casque émetteur d’ultrasons placé au-dessus de la tête, le patient, qui reste éveillé, prend place dans un appareil d’IRM qui guide en temps réel le faisceau d’ultrasons dirigés sur le noyau ventral intermédiaire du thalamus.

« L’émission d’ondes sonores de haute fréquence provoque des vibrations au niveau des tissus du cerveau, générant de la chaleur (à une température supérieure à 56 °C) et provoquant une microbrûlure. Cette lésion, de l’ordre du millimètre, interrompt alors les circuits cérébraux anormaux à l’origine des tremblements », explique le Pr Azulay. Les tremblements diminuent chez 60 à 80 % des patients. Si, à l’heure actuelle, seul l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris est doté d’une machine à ultrasons pour cette indication, d’autres établissements devraient suivre…

Rien à voir avec l’alcoolisme

Le stress, les émotions (joie, peur, etc.), la caféine ou encore l’effort physique peuvent aggraver transitoirement le tremblement essentiel. Mais, contrairement à une idée reçue, l’alcool n’est pour rien dans cette maladie. Pourtant, les patients sont très souvent regardés de travers, leurs symptômes étant attribués à l’alcoolisme, voire à la prise de stupéfiants.