L’humoriste Jeremy Ferrari revient sur son addiction à l’alcool et sa tentative de suicide, hier soir dans l’émission « Quelle époque » sur France 2. Il a tenté d’analyser la réaction du public face à ces révélations et s’est dit agacé par ceux qui pensaient vénérer « les artistes maudits ».

L’humoriste et réalisateur a ainsi expliqué sur le plateau de l’émission : 

« J’expliquais que, parce qu’on pense souvent que quand un artiste tombe dans l’alcool ou dans la pression, c’est parce que c’est le succès qu’il a, machin, mais en réalité c’est pas ça.

C’est quelque chose qu’on a en nous au départ, et on a l’impression que le succès va apaiser tout ça, et un jour, t’as tout ce que tu voulais, tout ce que t’as désiré, et tu es quand même malheureux.

Donc, ça précipite. J’aime bien préciser ça. J’aime pas beaucoup ce principe où on aime les artistes maudits, on aime voir les gens qui ont du talent souffrir, et se dire, c’est formidable, regardez.

En fait, je pense qu’il faut casser, dégager tout ça, parce que moi, je suis passé par là, et c’est pas vrai. Et je pense que tout ça, ça fait plus de mal que de bien, et j’aimerais qu’on dépoussière un peu ces clichés, qu’on arrête de les…valoriser.

Si tu as fait cette tentative de suicide, donc t’as un terrain quand même très sensible, et donc tu transcendes ça dans l’humour. Mais t’as quand même assez de base. Si j’avais pas été artiste, j’aurais quand même eu ces problèmes d’addiction.

Ce que je veux dire, c’est que l’addiction, la dépression, c’est pas réservé aux artistes, tout le monde est Si je vous demande, est-ce que vous êtes touché directement ou indirectement, à savoir un proche, très proche, je vous dis dépression, alcool, tout le monde va me dire oui.

Ce qu’on appelle la maladie de la dépendance, c’est une vraie maladie. C’est pour ça que j’aime bien le décorrélé du talent ou de l’artiste, parce que je trouve que c’est pas juste pour les gens qui souffrent et qui sont pas artistes, et je trouve que c’est pas vrai. »