Il faut le lui laisser : le gouvernement fédéral n’a pas peur des réformes. Et ne traîne pas à les mettre en route. Force est de constater, toutefois, que cet entrain, absent sous la Vivaldi, après un peu plus d’un an de législature, n’en finit plus de se cogner sur le mur du droit. En quelques semaines, le gouvernement De Wever a encaissé une série de revers, par trois conseils de sages différents, qui ressemblent de moins en moins à des accidents de parcours et de plus en plus à un problème de méthode.
Dernier camouflet en date : la Cour constitutionnelle. En retoquant deux mesures phares de la ministre Van Bossuyt sur l’immigration — l’extension des centres fermés et certaines procédures d’expulsion — la Cour rappelle à l’exécutif que l’urgence politique ne peut piétiner les droits fondamentaux. Une claque qui résonne avec celle infligée par le Conseil d’État, qui avait atomisé le « vieux chameau qui pue » de la réforme sur la TVA…
Entre les deux, la Cour des comptes n’a pas manqué de jouer les cassandres budgétaires. Ses doutes sur la viabilité des économies annoncées sonnent comme un avertissement : les chiffres de l’Arizona sont, pour l’heure, plus proches de l’équilibrisme que de la rigueur…
Vouloir réformer vite est une intention louable, autant qu’un mal nécessaire pour résoudre les manquements passés. Mais en multipliant les textes ficelés de manière imprécise, le gouvernement, s’expose à une insécurité juridique permanente qui, à vrai dire, ne sonne pas très « ingénieurs »…
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