Présentée à la presse dans le cadre feutré du palace parisien George V, là même où se déroule à chaque fin de saison la proclamation des résultats, la dix-septième édition de « Top chef » donne le ton : en 2026, tout sera remis à plat. « Oubliez tout ce que vous savez de « Top chef » », prévient la production. Premier choc : le concours devient itinérant et aucune épreuve ne se déroulera sur le célèbre plateau de l’émission. Un road trip qui conduira les seize nouveaux candidats à la mer, à la montagne, sur un marché, face aux MOF (Meilleurs Ouvriers de France)… « Cela permet de ne pas stagner », souligne Philippe Etchebest.
Seuls face à l’assiette
Depuis 2017, le concours culinaire fonctionnait comme une bataille de brigades : les jeunes marmitons, répartis en équipe, concouraient pour la victoire avec l’aide de leurs chefs respectifs. « Il n’y aura plus aucune brigade cette saison », révèle l’animateur Stéphane Rotenberg. « Les candidats n’auront plus d’aide. Ils seront seuls face à leur destin. Chaque concurrent affrontera seul le regard du jury et défendra sa cuisine : des dégustations plus stressantes avec davantage d’échanges. » Attendez-vous donc à une compétition plus brute, plus directe, plus exposée…
La première épreuve. – M6
Si les cinq chefs du concours (Philippe Etchebest, Hélène Darroze, Paul Pairet, Glenn Viel et Stéphanie Le Quellec) rempilent, leur rôle change radicalement : ils seront uniquement là pour juger les plats des candidats et éliminer les moins convaincants. Un vrai retour aux sources : lors des premières saisons de « Top chef », le jury de l’époque se bornait à ce rôle aussi précis que cassant. On se souvient de Ghislaine Arabian qui avait recraché la préparation d’un candidat, de Jean-François Piège qui reprochait à un jeune cuisinier de ne pas avoir respecté le produit, de Christian Constant estimant qu’un concurrent avait préparé un plat « indigne d’un concours comme « Top chef » »… A cette période, plusieurs anciens candidats sont ressortis du concours traumatisés : « A notre époque, les jurés n’étaient pas nos potes. On se ch***t dessus… » se souvient Noëmie Honiat.
Gagnante de la deuxième saison de « Top chef » et actuelle jurée, Stéphanie Le Quellec a également connu la dureté du concours et est donc bien placée pour juger ce retour aux fondamentaux. « Cette nouvelle saison permet de se recentrer sur la personnalité des participants », explique-t-elle. « Ils ont proposé leur cuisine sans garde-fou. Comme on les connaît moins (sur le plan relationnel), on se base uniquement sur leurs propos culinaires. Ils sont fiers d’avancer dans le concours de façon plus solitaire. »
« On est jugés, nous, chaque jour par nos clients », enchaîne Philippe Etchebest. « On veut voir ce qu’ils ont dans le ventre. » Glenn Viel comprend les raisons qui ont poussé la production à revoir le rôle des cinq chefs : « Quand on sort d’un restaurant, on doit être capable de parler de son cuisinier sans l’avoir rencontré. Cette saison, l’affect est un peu moins fort pour nous car on voit les candidats de loin. Mais dès qu’on est touché par la cuisine de l’un d’entre eux il y a une forme de résonance. On s’attache plus à un cuisinier qu’à un personnage. »


Hélène Darroze pas tendre avec d’anciens candidats de « Top Chef » qui l’ont déçue, elle leur adresse un message : « C’est dommage »
« Les années précédentes, on ressentait que les candidats se reposaient beaucoup sur nous », justifie, quant à elle, Hélène Darroze. « Ils arrivaient un peu à la cool sur les épreuves. Il fallait leur montrer que c’est leur concours, pas le nôtre. Du coup, cette fois, on était curieux de découvrir la nouvelle configuration. » Face aux chefs qui s’apprêtent à évaluer leurs plats, les candidats vont constater bien vite que leurs mains tremblent un peu… Ainsi, dès la première épreuve, tournée à Tignes, certains vont perdre leurs moyens quand il leur sera demandé de revisiter le fromage fondu à 3000 mètres d’altitude. « Les candidats seront testés dans des univers difficiles », concède la production. « Certains vont passer à côté des épreuves car elles se déroulent sans filet », se souvient Stéphane Rotenberg. « Cela sera dit plus franchement. Ne pas respecter le thème risque de tendre certaines dégustations. »
Les cinq chefs n’ont pas été informés du profil des candidats avant le tournage : chacun s’est présenté en deux minutes lors du premier « grand oral ». C’est également l’une des nouveautés du cru 2026 : face au jury, les concurrents doivent expliquer leur plat, décoder leur intention, expliquer l’histoire de leur recette, convaincre. « Grâce aux grands oraux, on va se retrouver dans leurs cerveaux », assure la production. « Cette année, c’est un post-coaching », commente Paul Pairet. « On analyse ce qu’ils ont fait lors de l’épreuve après la dégustation. Il était intéressant de voir qu’ils appliquaient nos conseils au fur et à mesure de la saison. Il y aura donc des rappels à l’ordre mais ils ne se dérouleront plus pendant les épreuves. » Ces dégustations vont parfois diviser le jury : « Il n’y a plus de brigade mais cela n’empêche pas la bataille », ajoute Paul Pairet. « Il y en a même eu plus que d’habitude entre les chefs », enchaîne Hélène Darroze. « Il y a eu des débats autour des choix », confirme Philippe Etchebest. « On n’était pas forcément d’accord » « Cette fois-ci, on s’est bagarrés pour défendre telle ou telle assiette », précise Stéphanie Le Quellec. « C’est intéressant d’entendre le point de vue des autres chefs. C’est un autre plaisir. »
Les candidats de cette saison. – M6
A noter : les candidats éliminés rejoignent une compétition parallèle dont les cinq chefs connaissent parfaitement l’existence. Celle-ci sera assurée par François-Régis Gaudry, Fabien Ferré et Yoann Conte. « Un certain nombre de ces candidats rejoindront à nouveau le concours officiel mais « assez tard » dans la saison », conclut la production, souhaitant conserver une part de mystère. Quant à la diffusion de l’émission en Belgique, si RTL-TVI continue de la proposer le lundi soir, avec plusieurs jours de retard sur la France, les épisodes seront déjà disponibles cinq jours avant sur RTLplay. Avis à ceux qui n’ont pas la patience d’attendre le lundi ou qui ne souhaitent pas prendre le risque de se faire spoiler.
Pas de Belge cette saison
L’année dernière, Noé représentait la Belgique, mais avait dû abandonner la compétition très rapidement pour des raisons privées. Cette saison, aucun Belge parmi les nouveaux candidats. Une première ? Pas vraiment. En 2023, César Lewandowski était cuisinier dans un restaurant bruxellois mais il était de nationalité française. Cette année, la production a misé sur un casting relativement jeune (27 ans de moyenne d’âge). Parmi les seize candidats, on compte quatre filles, un ex-collaborateur de Gordon Ramsay, un chef ayant travaillé dans les cuisines d’un hôpital psychiatrique, un sous-chef dans un trois-étoiles, le neveu d’un ex-quart de finaliste de « Top chef », une ancienne participante du Championnat de France du Dessert ou encore l’un des ex-sous-chefs d’Hélène Darroze.
« Top chef », chaque lundi soir sur RTL-TVI.