Troisième des douze nouveaux porte-drones de guerre des mines belgo-néerlandais, le Tournai entame une nouvelle phase d’essais. Le bâtiment a rallié le port de Lorient pour les tests relatifs à son système de combat et l’intégration de ses moyens robotisés.
Alors que les deux premières unités de la série, l’Oostende et le Vlissingen, ont été respectivement livrées en novembre 2025 et février 2026 aux marines belge et néerlandaise, l’avancement des bâtiments suivants va bon train. Le jeudi 5 mars, le troisième de cette classe, le Tournai, est arrivé à Lorient. Destiné à la Belgique, il a été intégralement réalisé par le chantier Piriou de Concarneau, où sa mise à l’eau est intervenue en juin 2024. Puis, après son achèvement à flot et un passage en cale sèche pour monter différents équipements, dont ses sonars, il a débuté ses essais en mer en novembre 2025. Avec pour commencer des tests liés au bon fonctionnement de la plateforme (propulsion, manœuvrabilité, systèmes de sécurité…)
Le Tournai arrivant à Lorient le 5 mars.
Le Tournai arrivant à Lorient le 5 mars.
Une nouvelle phase débute à Lorient, où l’équipe programme peut profiter des installations toutes proches, y compris des moyens d’essais, du site morbihannais de Naval Group. Il s’agit désormais de tester les capteurs, le système de direction de combat et l’intégration du système robotisé de guerre des mines autour duquel ces bâtiments de nouvelle génération, longs de 82.6 mètres pour une largeur de 17 mètres et un déplacement à pleine charge d’environ 2800 tonnes, ont été conçus.
Développée par Exail, cette « tool box » est pour mémoire basée sur deux drones de surface (USV) longs de 12 mètres abrités dans un grand hangar et mis en œuvre de chaque côté au moyen d’un bossoir soutenant un dock flottant. Ces USV peuvent emporter différentes charges utiles : soit, pour la détection et la classification des mines, un sonar remorqué ou bien un drone sous-marin (AUV) ; puis pour les missions d’identification et de neutralisation des mines des robots téléopérés (ROV).
L’un des USV emmployés par les nouveaux chasseurs de mines belgo-néerlandais. Il emporte ici un drone sous-marin A18-M.
Les USV sont stockés dans un hangar et déployés de chaque côté via deux systèmes de lancement et de récupération comprenant chacun un bossoir soutenant un dock flottant dans lequel le drone de surface se loge.
Le programme belgo-néerlandais rMCM (replacement Mine Counter Measures) est pour mémoire piloté sur le plan étatique par la Belgique et industriellement porté par Belgium Naval & Robotics (BNR), consortium formé par Naval Group et Exail ayant remporté en 2019 la compétition internationale pour ce programme. Exail, comme on l’a vu, fourni le système robotisé de guerre des mines, alors que Naval Group a conçu les bâtiments, ainsi que le système de lancement et de récupération des drones. BNR a sous-traité la construction des navires à Kership, société commune de Piriou et Naval Group, qui assure la maîtrise d’œuvre de cette partie du programme.
Le Scheveningen, destiné aux Pays-Bas, en achèvement à flot le 5 mars à Concarneau. Il doit débuter ses essais en mer au printemps en vue d’une livraison à la fin de cette année.
Le Scheveningen, destiné aux Pays-Bas, en achèvement à flot le 8 mars à Concarneau.
Le Tournai sera livré cette année, de même que le deuxième chasseur de mines néerlandais, le Scheveningen, dont la coque, produite par le chantier Piriou de Giurgio, en Roumanie, est arrivée à Concarneau en février 2025. Le site finistérien de Piriou, en plus de réaliser intégralement les Oostende (rMCM 1) et Tournai (rMCM 3), assure en effet l’armement de tous les bâtiments de la série. La fabrication des coques est partagée avec deux autres chantiers. D’abord, le site Kership de Lanester, près de Lorient, qui s’est chargé du Vlissingen (rMCM 2) et du Brugge (rMCM 5, Belgique), ce dernier ayant été après sa mise à l’eau remorqué en avril 2025 à Concarneau pour une livraison prévue en 2027. L’autre chantier impliqué est donc Piriou ATG Romania (Giurgiu), la première coque produite en Roumanie étant arrivée dans le Finistère en février 2025. Il s’agit de celle du quatrième bâtiment de la série, le Scheveningen (rMCM 4), destiné aux Pays-Bas. Il débutera ses essais en mer depuis Concarneau au printemps en vue d’une livraison fin 2026.
Le Brugge, en achèvement à flot à Concarneau le 5 mars. Il sera livré à la marine belge en 2027.
Du fait que le site concarnois de Piriou est plein (il travaille aussi, actuellement, sur deux des sept nouveaux patrouilleurs hauturiers de la Marine nationale), tout comme celui de Kership à Lanester (mobilisé sur la construction des trois patrouilleurs commandés par le Monténégro), à partir de maintenant, toutes les coques des nouveaux chasseurs de mines belgo-néerlandais sont construites par le chantier roumain de Piriou. Après la descente du Danube jusqu’au port de Constanta, en mer Noire, elles sont remorquées jusqu’en Bretagne via les détroits turcs et celui de Gibraltar. Celle du futur Ijmuiden (rMCM 6, Pays-Bas)) est arrivée le 26 février à Lorient, où elle a été placée en attente pour quelques jours, le temps qu’une place se libère dans le port de Concarneau. C’est chose faite avec l’arrivée du Tournai dans la rade de Lorient, où il a pris la place de la coque de l’Ijmuiden. Celle-ci avait en effet quitté le quai des TCD un peu plus tôt, le jeudi 5 mars, pour rejoindre Concarneau, où son armement va se poursuivre, avec pour commencer un passage en cale sèche. Comme le Brugge, l’Ijmuiden sera livré en 2027.
Tractée par le remorqueur Le Moros, la coque de l’Ijmuiden est arrivée le 5 mars à Concarneau.
Diaporama
La coque de l’Ijmuiden arrivant à Concarneau le 5 mars.
La coque de l’Ijmuiden arrivant à Concarneau le 5 mars.
Diaporama
La coque de l’Ijmuiden arrivant à Concarneau le 5 mars.
La coque du futur Ijmuiden arrivant à Concarneau le 5 mars. En arrière plan, à gauche, le Brugge et à droite le Scheveningen.
La coque de l’Ijmuiden en cale sèche à Concarneau le 8 mars.
La coque de l’Ijmuiden en cale sèche à Concarneau le 8 mars.
Les coques des quatre bâtiments suivants sont déjà en construction, la découpe le la première tôle du 10ème de la série étant intervenue en octobre dernier. Il s’agit des futurs Liège (rMCM 7, Belgique) et Harlingen (rMCM 8, Pays-Bas), dont la livraison interviendra en 2028, ainsi que des Antwerpen (rMCM 9, Belgique), et Delfzijl (rMCM 10, Pays-Bas), qui entreront en flotte en 2029. Il reste au chantier roumain de Piriou à lancer la construction, cette année, des deux dernières unités de la série, les futurs Rochefort (rMCM 11, Belgique) et Schiedam (rMCM 12, Pays-Bas), qui rejoindront leurs aînés en 2030.
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