L’une des premières conclusions qui s’imposent après le Grand Prix d’ouverture du championnat, c’est qu’Aprilia y a fait une démonstration de force. Sur un circuit de Buriram qui lui réussit et avec une carcasse de pneu atypique, à laquelle la RS-GP s’adapte particulièrement bien, le constructeur a excellé, tant lors des derniers essais hivernaux menés quelques jours plus tôt que pendant le week-end de course.
Ses quatre pilotes ont pu figurer haut dans la hiérarchie, avec à leur tête un Marco Bezzecchi excellent. Très rapide lors du test comme une fois le week-end lancé, l’Italien a signé le nouveau record de la piste et s’est octroyé la première pole position de l’année, sans surprise. Et pourtant, il n’a pas réussi à transformer l’essai le samedi puisqu’il est tombé dans le deuxième tour de la course sprint, tandis qu’il tentait de se défaire de Marc Márquez pour filer en tête.
Cette chute était la troisième du jour pour Bezzecchi, déjà tombé dans les essais libres et les qualifications, plus tôt dans la journée. S’il avait malgré tout réussi à décrocher la pole tout en mordant la poussière, son erreur du sprint a eu des conséquences bien plus lourdes puisqu’elle lui a potentiellement coûté les 12 points de la victoire.
Cette bévue n’est pas sans rappeler son erreur de l’an dernier en Indonésie, où il a lourdement chuté et percuté Márquez alors que, déjà, il était favori pour la victoire. Autant de couacs que le pilote italien assume sans difficulté, lui qui admettait en Thaïlande commettre « trop de fautes ».
Marco Bezzecchi s’est rattrapé en remportant le Grand Prix.
Photo de : Lillian Suwanrumpha / AFP via Getty Images
Interrogé le lendemain, après que Marco Bezzecchi s’est rattrapé en dominant la course principale et en allant cette fois jusqu’au bout avec succès, Massimo Rivola a pu sourire de la frustration générée par cette chute. Le PDG d’Aprilia Racing a toutefois souligné qu’il ne juge pas pertinent d’accentuer la pression sur son pilote alors que celui-ci est déjà prompt à faire son auto-critique.
« Marco est un garçon très intelligent. Il savait de lui-même quelle avait été son erreur. Il n’y a aucune raison de ma part d’en rajouter, alors qu’il s’en veut déjà beaucoup. Je pense qu’il y a des moments où il peut être dur envers lui-même et où je dois le soutenir. Alors, oui, j’ai essayé de le soutenir, même si je l’aurais tué ! [rires] Mais au final, l’équipe est contente. »
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Ne pas laisser filer des points accessibles
Massimo Rivola a toutefois reconnu que les gros points perdus dans la course sprint pèsent lourd dans ce premier bilan comptable et moral. « Absolument, je suis assez déçu par rapport à hier », admettait-il à la fin du week-end thaïlandais. « Quand on a la possibilité d’en quelque sorte tout rafler, il faut le faire, car tôt ou tard, on regrette ce que l’on a perdu. »
« Si ce n’est pas le cas, c’est que l’on domine peut-être, mais on sait que ça ne va pas se passer comme ça. On sait que Marc sera le pilote à battre. On sait que Pedro [Acosta] sera dans le coup à toutes les courses, même si la KTM n’est peut-être pas au niveau des motos italiennes. Mais je pense que pour nous tous, ce sera un championnat passionnant et stimulant. »
Après ce premier Grand Prix, Marco Bezzecchi apparaît au deuxième rang du championnat, à sept point de Pedro Acosta. L’équipe d’usine Aprilia est à deux unités de celle de KTM et les deux marques sont à égalité de points au classement des constructeurs. Aprilia y a l’avantage sur KTM uniquement car la victoire dans le Grand Prix prévaut sur celle du sprint obtenue par la marque autrichienne.
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