Trois questions à Coralie Van Rietschoten, coréalisatrice du film avec Galaad Hemsi.
Quelle est la genèse de ce documentaire ?
Le coréalisateur, Galaad Hemsi, est papa d’un garçon atteint de troubles du spectre autistique. En le voyant grandir, il se posait des questions sur l’avenir qui attendait son fils. Des projets inclusifs proposent des activités sociales ou des logements à ces jeunes, mais le chemin vers une insertion professionnelle réussie en entreprise reste compliqué. C’est alors qu’il a entendu parler du projet de l’Institut médico-éducatif Cour de Venise à Paris.
Il s’agissait de faire vivre un véritable restaurant au cœur de la capitale. Des jeunes adolescents suivent une formation adaptée pour apprendre les gestes de la cuisine, le dressage des plats, la prise de commandes et le service en salle. Sollicitée par Galaad, j’ai tout de suite accepté de collaborer pour faire de cette aventure un film documentaire.
Comment s’est passé le tournage ?
Le tournage s’est déroulé sur plusieurs années, avec des périodes plus intenses, avant et après l’ouverture du café. Nous sommes arrivés avec notre caméra et notre perche micro un beau jour. L’Institut médico-éducatif (IME) nous a emmenés auprès des jeunes qui n’étaient pas prévenus afin de ne pas provoquer d’angoisse. Tout s’est bien passé quand les encadrants, en qui ils ont confiance, leur ont expliqué qui nous étions et comment nous allions travailler.
Nous avons pu suivre cinq jeunes en particulier tout au long de leur apprentissage. Chacun a trouvé sa place, qui en cuisine, qui au service pour les plus à l’aise dans les relations sociales. Dans un premier temps, ils ont cuisiné pour eux-mêmes, puis pour les salariés de l’IME et, petit à petit, ils ont acquis leur autonomie.
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Cette expérience est-elle réalisable ailleurs et dans d’autres métiers ?
Tout à fait. Ces jeunes peuvent obtenir une certification reconnue dans le secteur de la restauration grâce à l’Afpa. Nous avons projeté ce film dans de nombreux cinémas depuis sa sortie en 2025. Nous rencontrons des professionnels qui travaillent dans des établissements accueillant des jeunes autistes. Notre plus belle récompense est de voir l’enthousiasme que notre film déclenche. Malgré les difficultés juridiques, administratives et bien sûr, financières, nombreux sont ceux qui veulent s’engager dans cette voie.
Jeudi 12 mars, à 20 h 30, au cinéma Le Vendelais. Durée : 1 h 10. Le film sera suivi d’un débat.