Drame de Crans-Montana : la responsabilité de hauts « responsables hiérarchiques » de la municipalité « mise en cause » par l’enquête
L’instruction sur l’incendie du bar à Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés lors du Nouvel An, vise désormais neuf personnes, dont plusieurs responsables de la commune. Les autorités examinent notamment d’éventuels manquements aux contrôles de sécurité et incendie.
AFP

Par Sudinfo avec AFP
Publié le 09/03/2026 à 22:05
L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation dans la station suisse de Crans-Montana, survenu lors du Nouvel An et qui a fait 41 morts et 115 blessés, a été élargie à cinq responsables et anciens responsables de la commune, ce qui porte à neuf le nombre de personnes visées par l’instruction pénale.
La mise en cause de responsables municipaux, confirmée lundi par le ministère public du canton du Valais, était réclamée depuis plusieurs semaines par les avocats des familles des victimes, depuis que la commune a reconnu n’avoir pas effectué de contrôles sécurité et incendie de l’établissement incendié depuis 2019.
Parmi ces personnes figure l’actuel président de la commune, Nicolas Féraud, ont indiqué à l’AFP des sources proche du dossier, confirmant des informations publiées dans la presse suisse et italienne.


Drame de Crans-Montana : l’enquête élargie à cinq responsables, dont le président de la commune
Sont également concernés un ancien conseiller communal en charge de la sécurité et d’anciens ou actuels responsables de la sécurité de la commune, a rapporté la même source.
L’enquête pour « incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence » vise désormais neuf personnes, puisque les propriétaires français du bar Jacques et Jessica Moretti avaient déjà été placés sous enquête, de même que l’actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana et son prédécesseur.
Les responsables et ex-responsables de la commune nouvellement mis en cause, ainsi que Jacques Moretti, doivent être entendus par le ministère public entre les 7 et 15 avril, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
« Ces auditions, que nous avions demandées depuis le début de la procédure, actent enfin la mise en cause de certains responsables hiérarchiques de Crans-Montana », a salué Me Christophe de Galembert, qui représente plusieurs familles.
Pour Me Sébastien Fanti, qui conseille quatre familles de blessés, « se pose désormais la question de savoir si monsieur Féraud peut continuer à diriger cette commune ». L’avocat a annoncé à l’AFP son intention de saisir le Conseil d’État à ce sujet.
La gestion des Moretti en question
Le couple au cœur de l’enquête, Jacques et Jessica Moretti, a été pointé du doigt pour la gestion potentiellement frauduleuse de ses affaires dans un rapport confidentiel d’un organe de la police fédérale (Fedpol), ont révélé lundi plusieurs médias suisses, dont le quotidien Le Temps, ainsi que le journal français Le Parisien.
Ce rapport, transmis au ministère public du Valais fin février, questionne notamment les nombreux transferts de fonds entre les différentes sociétés détenues par le couple, faisant penser à des « comptes de passage », généralement utilisés pour complexifier la traçabilité des fonds.
D’autres pratiques ont laissé les enquêteurs « songeurs », les conduisant à inviter les autorités judiciaires à examiner certains éléments susceptibles de constituer des infractions comme une gestion déloyale, un faux dans les titres (l’équivalent d’un faux et usage de faux), des escroqueries aux assurances ou encore des infractions fiscales graves.
Dans ses conclusions, le rapport mentionne « l’existence d’un montage financier criminel présumé, pouvant être comparé à un schéma de Ponzi » avec une « structure vide remplie d’hypothèques ».


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Survenu durant la nuit de la Saint-Sylvestre, l’incendie qui a ravagé Le Constellation dans le centre de la station de ski suisse a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement.
Le ministère public est chargé de lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les diverses responsabilités. La commune a reconnu l’absence de contrôles incendie dans le bar pendant six ans, alors qu’ils doivent être effectués chaque année.
Ce drame a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français.
Certaines victimes gravement brûlées sont toujours dans le coma. Fin février, 58 blessés étaient encore hospitalisés en Suisse et à l’étranger.