À l’origine, elle se destinait à « monitorer » la santé des bovins, à travers un test non invasif et transportable, permettant de diagnostiquer des maladies respiratoires au cœur des élevages, en moins de 30 minutes. Mais depuis 2025, la start-up Nawu Diagnostics – qui valorisait ainsi 8 brevets émanant du CEA – a entrepris un virage à 180 degrés en se dédiant en priorité à la santé humaine.

« Avoir un instrument complet qui permette de capter le souffle des bovins et d’obtenir une réponse sur la présence de pathogènes dans l’air sous 20 minutes, sans avoir à le transporter en laboratoire, représentait déjà un vrai changement », atteste Sébastien Assié, enseignant-chercheur au sein de l’école nationale vétérinaire de Nantes, membre du réseau des Instituts Carnot, ayant participé au projet initial.

« Mais il s’est avéré plus compliqué que prévu de développer un produit, compte-tenu du temps et du budget de développement liés aux contraintes économiques du marché de l’élevage », poursuit Fanny Turlure, docteure en biologie moléculaire et cellulaire, CEO de la startup.

Et ce, alors que chaque année, près de 10% de la population mondiale était infectée par des virus respiratoires de type Covid, bronchiolite, grippe et pneumonie… De quoi convaincre Nawu Diagnostics de bifurquer en cours de route vers la santé humaine. En s’appuyant sur un premier prototype fonctionnant sur batterie, la start-up iséroise s’ouvre à une nouvelle voie : celle d’amener le diagnostic au plus près des patients, sans passer par la case du laboratoire d’analyses médicales.

Avec l’ambition de produire un diagnostic rapide et précis, destiné en priorité aux professionnels de santé (hôpitaux, cabinets médicaux, maisons médicales, pharmacies, infirmeries…)

« Nous avons identifié les cinq plus importants virus hivernaux, dont le Covid, la bronchiolite causée par le VRS, les différents types de grippe et rhinovirus, qui permettraient de dire, s’ils ne sont pas détectés, que l’on a plutôt affaire à une bactérie qui nécessiterait des antibiotiques », résume Fanny Turlure.