Pour répondre à ce besoin, les chercheurs ont proposé une classification tridimensionnelle qui s’appuie sur les fondements reconnus de la classification de Lenke en y ajoutant des descripteurs 3D pertinents. Cette approche, qui se veut accessible et applicable dans les différents milieux de soins, vise à soutenir la prise de décision clinique et la planification du traitement. 

«Notre objectif est de capturer l’essentiel de la déformation 3D sans compromettre la simplicité clinique, l’accessibilité aux mesures et la communication entre les professionnels et l’enseignement», précise Carl-Éric Aubin, également professeur à Polytechnique Montréal ainsi qu’à l’Université de Montréal et directeur de l’Institut TransMedTech. 

Un premier article publié en décembre dernier présentait cette nouvelle classification 3D et sa justification. Plus récemment, l’applicabilité de la classification a été évaluée à partir d’une cohorte de 285 adolescents opérés pour une scoliose idiopathique, dont la colonne vertébrale a été reconstruite en 3D. Les résultats, publiés dans la revue Spine Deformity, confirment que les nouveaux descripteurs 3D apportent une information complémentaire et cliniquement pertinente, qui enrichit la compréhension de la scoliose au-delà des mesures actuellement utilisées. 

En proposant une lecture véritablement tridimensionnelle de la scoliose, la classification SRS-Lenke-Aubin invite à changer de perspective: voir la déformation de manière plus précise pour mieux guider les décisions cliniques et adapter les traitements à chaque colonne vertébrale. Pour les adolescents concernés, les retombées potentielles sont significatives: des corrections chirurgicales plus équilibrées, une silhouette dorsale plus harmonieuse, mais surtout, la promesse d’une meilleure qualité de vie.