Pendant des décennies, les scientifiques ont estimé que les hominines, groupe auquel appartiennent les humains après leur divergence avec les chimpanzés, étaient apparus en Afrique il y a environ 7 millions d’années.
Aujourd’hui, une découverte réalisée en Bulgarie pourrait remettre en question ce scénario. Les chercheurs étudient un fossile attribué à Graecopithecus, un primate primitif identifié pour la première fois en 2017 à partir de quelques dents découvertes en Grèce.
Un fémur récemment mis au jour sur le site archéologique d’Azmaka apporte de nouveaux indices sur cet animal. L’os, appartenant à une femelle d’environ 24 kilos, présente un col fémoral allongé, une caractéristique généralement associée à la bipédie.

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Selon le professeur David Begun, de l’université de Toronto, cet individu vieux d’environ 7,2 millions d’années pourrait ainsi représenter « le plus ancien humain connu ». Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Palaeobiodiversity and Palaeoenvironments, les chercheurs estiment que ce fossile pourrait être rapproché d’hominines plus tardifs comme Orrorin, Australopithecus, Paranthropus ou encore le genre Homo.
Le fémur de Graecopithecus (a) est associé aux hominines (b) plutôt qu’aux chimpanzés (c). © Spassov et al., Palaeobiodiversity and Palaeoenvironments 2026
Une bipédie encore imparfaite
Pour autant, les scientifiques restent prudents. Graecopithecus n’était probablement pas un bipède complet comme les hominines plus récents. Les analyses montrent certaines différences biomécaniques suggérant une locomotion mêlant marche bipède et déplacement quadrupède.
Cette morphologie correspondrait à une forme transitoire de bipédie. Autrement dit, la capacité à marcher sur deux jambes ne serait pas apparue soudainement mais se serait développée progressivement, par étapes.

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Actuellement, le plus ancien homininé incontesté reste Orrorin, découvert au Kenya et daté d’environ 7 millions d’années, déjà capable de marcher sur deux jambes. Mais Graecopithecus pourrait repousser encore plus loin dans le temps l’origine de cette adaptation.
Des origines eurasiatiques pour notre lignée ?
Les chercheurs replacent cette découverte dans un contexte évolutif plus large. Graecopithecus pourrait descendre d’anciens primates eurasiens comme Ouranopithecus ou Anadoluvius.
À la fin du Miocène, la disparition progressive des forêts et la désertification de certaines régions de la Méditerranée orientale et de l’Asie occidentale auraient contraint ces primates à quitter la canopée et à s’adapter davantage à la vie terrestre. Cette transition aurait favorisé l’émergence de la bipédie.

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Lucy était probablement une bonne marcheuse
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Dans ce scénario, ces premiers hominines auraient ensuite migré vers l’Afrique, où seraient apparues plus tard des espèces comme Orrorin et l’ensemble des représentants ultérieurs de notre lignée. « Le Graecopithecus représente une étape de l’évolution humaine entre nos ancêtres arboricoles et terrestres », souligne David Begun, qui estime qu’il pourrait constituer une forme de chaînon manquant.