À cette occasion, l’association PositiveMinders, qui agit en France, en Belgique et en Suisse, met en lumière un enjeu encore invisible : le dévoilement de la maladie. Comment oser se confier ? Parfois même à une IA, non sans risques. Mais surtout : la société est-elle prête à écouter ?

Comme outils de sensibilisation, cette campagne digitale a choisi de recourir aux témoignages réels via la plateforme schizOdyssey, à des films immersifs et des outils interactifs comme les « SchizAwards » afin de couper court aux fausses idées qui continuent de circuler.

« Je croyais être le Dieu tout-puissant. Je voyais les femmes avec des yeux de serpent »

Si on n’ose toujours pas parler de cette maladie mentale, c’est que, selon l’association, « le premier obstacle n’est pas médical, il est social : peur du regard, confusion avec la dangerosité ou le dédoublement de personnalité. Résultat : un diagnostic souvent retardé, alors même que se dévoiler tôt facilite fortement l’accès aux soins. […] Lorsque le dévoilement est choisi et accompagné, il peut devenir un levier d’émancipation et faciliter l’accès aux soins : reprendre la main sur son histoire, élargir les soutiens, mieux faire comprendre le trouble psychique ».

« La nuit, j’entendais une voix qui criait ‘Crève !' »: Ou l’enfer de la schizophrénieUne campagne décalée

Aussi, avec le lancement ce jeudi de sa campagne sur le coming out psychique, intitulée « Le bon moment », PositiveMinders souhaite « prendre le contre-pied des discours habituels car l’enjeu n’est pas de faire parler à tout prix, mais de préparer la société à écouter ».

Sur le ton de la comédie décalée, la campagne illustre les pires moments pour se dévoiler et conclut par le slogan « Aider à en parler, c’est apprendre à écouter ».

Un jour de 2013, ce Liégeois de 23 ans, alors atteint de schizophrénie, a littéralement pété un câble

L’accent sera donc mis cette année sur le moment crucial où la personne ose parler de ses symptômes, souvent après des années de silence, pour réduire le retard de diagnostic, de 7 ans en moyenne.

Selon un sondage réalisé l’an dernier, suite à une campagne de sensibilisation menée en France, 77 % des répondants associaient la maladie à la dangerosité avant la campagne contre 48 % après celle-ci.