Nicolas Martin explique avoir proposé de partager l’expérience vécue sur le terrain avec les députés de la commission Énergie. L’objectif, selon lui, était clair : contribuer à améliorer le cadre légal et réglementaire afin de mieux préparer les autorités à ce type de crise à l’avenir. Mais ce mardi, la majorité MR-Les Engagés décidait de limiter les auditions au gestionnaire de réseau Ores, au régulateur wallon Cwape et à la ministre de l’Énergie Cécile Neven.
Coupure de gaz à Mons – « Toutes nors ressources mobilisées pour rétablir la situation »
Les propositions de l’opposition visant à entendre également les autorités communales montoises ont été rejetées lors du vote en commission. Pour le bourgmestre, cette décision est difficilement compréhensible. « Sur le terrain, j’ai été amené à gérer cette crise pendant une semaine. Refuser d’entendre l’autorité locale qui l’a vécue de l’intérieur est totalement incompréhensible », estime-t-il. « Je le prends comme un acte de mépris, une fois de plus, à l’égard des Montois et des autorités qui ont été mobilisées. »
Selon lui, les parlementaires ont pourtant la responsabilité de tirer les leçons de cet épisode pour améliorer les dispositifs existants. « Il est regrettable que, pour des considérations bassement politiciennes et des craintes que je ne m’explique pas, on refuse d’entendre ce retour d’expérience », ajoute-t-il.
Le bourgmestre assure pourtant que plusieurs enseignements concrets pourraient être tirés de la crise. Il pointe notamment le manque de techniciens spécialisés capables d’intervenir rapidement sur les réseaux de gaz. « Il n’y a pas suffisamment de techniciens habilités pour gérer ce type de situation. Il faudrait pouvoir mobiliser des réservistes ou des renforts rapidement », estime-t-il. Il plaide également pour davantage de coopération entre gestionnaires de réseaux, y compris au-delà des frontières régionales et nationales, afin de pouvoir mobiliser plus d’équipes en cas de crise.
Enfin, Nicolas Martin souligne l’absence de cadre légal clair en matière d’indemnisation des victimes. « Aujourd’hui, il n’existe pas de procédure simple. Il faut pouvoir prévoir un mécanisme d’indemnisation plus rapide et plus juste pour les citoyens et les acteurs économiques touchés. » Si ORES a décidé de proposer un forfait de 200 euros aux particuliers qui en font la demande et de proposer aux indépendants, soit un forfait de 200 euros soit l’introduction d’un dossier, rien n’est officiellement prévu par la loi.
Bref, pour le maïeur, il s’agit d’autant de pistes qu’il aurait souhaité exposer devant les députés wallons. C’est finalement sur les réseaux sociaux qu’il l’a fait. Pour l’heure, les auditions prévues par la commission doivent débuter le 7 avril.