À l’issue d’une séance photo pour L’Avenir, où il pose avec son successeur, Christian Lange assure ne rien regretter. « Je respire, sourit-il. On dit souvent que les cimetières sont remplis de gens qui ont remis quelque chose à plus tard… » Lui n’a pas voulu en faire partie.
Désormais, c’est Jean-Christophe Wavreille, jeune quadra habitant Eghezée, qui occupe le poste de CEO. Arrivé dans l’entreprise en septembre 2024, ce père de deux enfants, amateur de course à pied, en était jusque-là directeur des ressources humaines. Une fonction qu’il a choisi de conserver malgré ses nouvelles responsabilités: « Une entreprise de 80 personnes n’a pas besoin de chefs à tous les coins de bureaux… », dit-il tout en admettant être particulièrement vigilant aux marges. Un point d’attention presque culturel pour celui qui a grandi dans une famille d’entrepreneurs et se sent lui-même l’âme d’un entrepreneur.
Confiance et culot
Titulaire d’un graduat en commerce extérieur suivi d’une passerelle à l’ICHEC en finance, Jean-Christophe Wavreille a longuement travaillé dans ce secteur. Comme beaucoup, il a débuté par l’audit, chez EY. « Ce qui m’a permis de voir de nombreuses entreprises et réalités différentes. » Il passe ensuite par Cofely Services (GDF-Suez), Fountain, Socabelec et enfin Iris (groupe Canon). « C’est là que je suis passé aux RH en 2019. Ma carrière a souvent été faite de gens qui m’ont fait confiance… »
Une confiance qu’il a parfois provoquée, comme lorsqu’au lendemain de l’annonce du départ de Christian Lange, il frappe à la porte de son bureau pour lui dire que le poste l’intéresse. Ou comme lorsqu’il a envoyé une lettre de quatre pages en néerlandais aux nouveaux actionnaires pour défendre sa candidature. Au culot.

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Aujourd’hui Jean-Christophe Wavreille est propulsé à la tête d’une société présente dans 8 000 villes et plus de 80 pays avec ses aspirateurs de rue. Une entreprise qui a grandi rapidement, ne manque pas d’atouts, mais dont le chiffre d’affaires s’est établi à 15,5 millions d’euros l’année dernière. « Un seuil en dessous duquel on ne peut pas descendre… »

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Les défis ne manquent pas, reconnaît le nouveau CEO. « Glutton doit travailler sa robustesse, c’est-à-dire sa capacité à encaisser les chocs macroéconomiques. » Les derniers mois ont été consacrés à revoir la gouvernance interne avec la mise en place d’un comité exécutif. Les prochains viseront la maîtrise des charges . »L’objectif est de pouvoir se contracter quand les temps sont durs, mais aussi de continuer à investir en R&D, pour ne pas être le prochain Nokia… Et surtout, continuer à satisfaire le client. C’est notre ADN. »
ZEN
Côté chiffres, l’ambition est de retrouver la croissance et de poursuivre le déploiement à l’international de ses solutions de nettoyage urbain 100% électriques.
« On doit avoir un esprit de pirates et partir à la conquête de nouveaux marchés », sourit Wavreille. Pour y parvenir, Glutton a investi dans ses équipes commerciales. L’entreprise mise également sur ZEN, une nouvelle balayeuse développée en interne, présentée comme un fleuron technologique.

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À 150 000 euros l’unité, elle coûte près de dix fois plus qu’un aspirateur classique. Mais son faible gabarit et ses émissions quasi nulles pourraient ouvrir de nouveaux marchés, notamment dans les salles de spectacles ou les centres commerciaux.
Une perspective bienvenue à l’heure où les acteurs publics, clients traditionnels de Glutton, ont leurs finances sous pression. Pour lever ce frein, la PME pousse une offre de leasing à 3 800 € par mois, permettant de basculer la dépense de l’investissement vers le fonctionnement. Une proposition agile, reflet de la ligne que Jean-Christophe Wavreille entend incarner.