Christophe Hazemann expose un travail photographique sur le détail. Avec souvent comme support les œuvres de Pierre Soulages. À voir !
Plus qu’une chance, cela aurait été une « anormalité », que cette exposition ne soit pas visible à Rodez. Depuis samedi et jusqu’au 28 mars, Christophe Hazemann, directeur adjoint du musée Soulages, dévoile ses photos. Son pas de côté. Celui qui consiste chez lui à capturer dans son objectif le détail pour en faire à lui seul un objet artistique.
Vingt-cinq ans de passion pour la photo
« Cela fait 25 ans que j’aime faire de la photo. Quand je suis arrivé à Soulages, il y a bientôt 9 ans, je me faisais fort de séparer dans ma tête l’œuvre de Soulages et ma passion pour la photo. Puis chassez le naturel et… » Mais cela ne fut pas aussi simple, après avoir apprivoisé le musée, les œuvres du musée, le sens photographique ne lui apparaissait pas. D’autant que pour Pierre Soulages, prendre en photo ses œuvres ne pouvaient en aucun cas refléter ce qu’elles renvoient. À un détail près si l’on peut dire… Car après trois années passées à s’interroger et essayer de trouver le sens de ses photos, Christophe Hazemann a trouvé. Le détail. « J’ai une chance si on peut dire, j’ai une certaine capacité à voir des détails dans un les fragments, les transparences, les reflets… »
Un succès au Mumig de Millau
Et cela donne cette exposition, sa première, qui, à Millau, durant l’été dernier a connu un véritable succès. Le Mumig, le Musée de Millau et des grands causses a vu sa fréquentation bondir de 30 %. Dans cette exposition, on devine parfois les œuvres de Pierre Soulages, mais pas tout le temps. On pense y voir un détail d’une œuvre de l’artiste ruthénois, alors qu’il n’en est rien. « Ce sont des œuvres à part entière », avance Jean-Yves Tayac, le complice de Christophe Hazemann dans cette aventure.
Plutôt joueur avec les mots, également passionné par la vie et l’œuvre de Pierre Soulages, il s’est laissé séduire par les photos et a souhaité qu’elles illustrent un de ses ouvrages. Une mise en scène qui a poussé celui qui assure tous les jours des visites au sien de musée, à aller plus loin en exposant. « Je n’aurais jamais cru, il y a encore peu qu’un jour j’allais exposer mes photos », sourit Christophe Hazemann. Qui, un peu à l’instar de Pierre Soulage tout au long de sa vie, trace son sillon photographique. Sans véritablement chercher où tout cela ira, puisque c’est ce qu’il fait qui lui apprend ce qu’il cherche. Une sorte de pas à côté Soulages. « J’ai aussi conscience de la chance que j’ai de passer mes journées dans le musée « , confesse-t-il. C’est ainsi qu’il a pu obtenir ce cliché ou les diagonales se superposent, partant d’un outrenoir et allant jusqu’au ciel.
Cette exposition, c’est aussi avec l’assentiment, et c’est important pour lui, de Colette Soulages, qu’il a pu la mettre en œuvre. »Elle a d’ailleurs tenu à faire l’avant-propos du livre », glisse-t-il. Un honneur pour lui. Il expose d’ailleurs une photo issue d’un tableau qui figure dans le salon de maison sétoise de Pierre Soulages.
Cette exposition est à voir, donc, à la galerie Réplique, dans la rue de l’Embergue. Puis prendra la direction de la Maison des consuls, au Pic-Saint-Loup, pour y être présentée tout l’été.