Alors que le bruit des bombes se fait désormais entendre depuis près de deux semaines en Iran, les répliques du pays des mollahs, qui a décidé de viser en guise de représailles ses voisins du Golfe, ont détruit en quelques heures l’image de paradis sur terre véhiculée par les Emirats arabes unis. A commencer par Dubaï, refuge fiscal de nombreux influenceurs qui s’y sont exilés pour éluder les impôts et partagent en échange, à coups de stories, leur vie de rêve au pied de la tour Burj Khalifa.
Mais cette image idyllique de carte postale a volé en éclats en même temps que les premières explosions se sont fait entendre sur la ville. Une situation bien sûr préoccupante en raison du nombre de touristes bloqués sur place et qu’il faut rapatrier en toute sécurité. Mais ce qui a attiré l’attention, ce sont les réactions des influenceurs français, qui ont vu leur petit paradis devenir un enfer. En première ligne, Maeva Ghennam, influenceuse marseillaise, qui aux premières heures du conflit a posté des vidéos où, paniquée, elle suppliait la France de la protéger et la rapatrier, son passeport soigneusement gardé au chaud dans son soutien-gorge !
On l’entendait s’écrier aussi « Oh putain, il y a un missile, regarde, de chez moi ! » ou encore « Je me suis chié dessus. » Un appel à l’aide qui, outre-Quiévrain, a plutôt été accueilli à coups de sarcasmes. En particulier de la part des créateurs de contenu qui sont restés en France. « Les influenceurs de Dubaï, finalement, on est bien en France, n’est-ce pas ? » a ainsi ironisé Tibo InShape (17 millions d’abonnés sur Instagram, 27 millions sur YouTube). Des propos qu’il a totalement assumés par la suite. « La situation reste bien sûr tragique et j’ai une pensée pour toutes les personnes présentes ou bloquées sur place. Il y a des gens qui sont décédés et ça c’est dramatique. Je voulais simplement pointer du doigt l’hypocrisie de certains influenceurs, pas tous, ceux qui font de l’arnaque leur business sur le dos d’honnêtes gens et se cachent là-bas. Ceux qu’on appelle les influvoleurs. »


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Revirement
Dans le même temps, le ton a étonnamment changé du côté des influenceurs à Dubaï, qui entre deux tirs de missiles, ont très vite repris leur business en publiant des messages sponsorisés. Surtout, ils ont troqué leur discours paniqué pour des propos nettement plus rassurants. « Je suis encore plus fière et heureuse d’habiter à Dubaï. Il y a eu des centaines de missiles. Tous ont été stoppés. Nous sommes en sécurité. Nous, on n’a pas d’attentat, on ne se fait pas cambrioler… On ne regrette pas de s’être installés à Dubaï », plaidait soudainement Maeva Ghennam.


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Un retournement de veste pour le moins surprenant, mais qui s’explique par les pressions exercées par les Emirats arabes unis sur les Français coincés à Dubaï. Les autorités locales ont ainsi menacé de poursuites toute personne relayant des informations ou des vidéos pouvant provoquer la panique ou menacer l’ordre public. « Les contrevenants s’exposent à des sanctions pénales, notamment à des peines d’emprisonnement et à des amendes d’au moins 47 000 euros », a rappelé la police de Dubaï. Il n’en fallait pas plus pour faire rentrer dans le rang tous ceux qui s’affolaient encore quelques jours avant. Et dans le cas de Maeva Ghennam la situation est d’autant plus limpide que, de toute façon, elle n’a pas d’autre option que de rester à Dubaï : elle fait l’objet d’un travel ban qui lui interdit de quitter le pays suite à une bagarre avec son ex-compagnon.
L’arme de la délation
Après avoir été la risée d’une partie des créateurs de contenu vivant en France, certains influenceurs exilés à Dubaï ont décidé de riposter en utilisant l’arme… de la délation. C’est le cas de la star de télé-réalité Jazz Correia, révélée par « Qui veut épouser mon fils ? » et qui a sa propre émission, « JLC Family », qui suit sa vie à Dubaï. Elle a partagé à ses 4 millions d’abonnés sur Instagram son intention de dénoncer auprès des autorités des Emirats arabes unis les influenceurs français qui ont critiqué Dubaï afin qu’ils ne puissent plus jamais s’y rendre. « Je vais moi-même les donner à mon ami qui travaille au gouvernement », a-t-elle annoncé. Décidément, la guerre fait toujours rejaillir ce qu’il y a de pire chez l’être humain…