McLaren avait déjà manifesté de grosses inquiétudes, et la catastrophe évitée de justesse au départ du Grand Prix d’Australie a confirmé les craintes. Avec les nouveaux moteurs 2026 en Formule 1, le moment de l’extinction des feux est devenu encore plus dangereux. À Melbourne, seul un réflexe salvateur de Franco Colapinto a permis d’éviter le pire quand Liam Lawson est resté scotché devant lui sur la grille.

La FIA a pourtant aménagé la procédure de départ en ajoutant un délai de cinq secondes pour lancer les turbos, mais les préoccupations demeurent. Quelques jours plus tard, dans le paddock de Shanghai, ils sont plusieurs à sonner une nouvelle fois l’alerte. 

« C’est dommage de devoir dire ça, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’un énorme accident ne se produise », prévient un Sergio Pérez très inquiet. « Ces unités de puissance sont très difficiles à lancer. »

« On peut prendre un bon ou un mauvais départ pour de nombreuses raisons différentes. On peut aussi passer en mode anti-calage, ce qui est arrivé à Lawson, et ça devient alors très, très dangereux, car les vitesses atteintes en deux ou trois secondes sont extrêmes. C’est compliqué, parce que je ne sais pas ce que l’on peut faire à ce sujet. »

 

Les propos du pilote Cadillac trouvent un écho frappant chez Williams, où Carlos Sainz a exprimé la même crainte dans des mots quasiment similaires.

« Je pense qu’à Melbourne, on a eu énormément de chance que rien n’arrive avec Liam et Franco, et j’ai le sentiment qu’il y aura un gros accident si rien ne change concernant les départs dans l’année », confirme le pilote espagnol. « Croisons les doigts pour que nous prenions des mesures à temps pour les améliorer et que cela n’arrive jamais, mais si nous restons sans rien faire, j’ai le sentiment qu’à un moment ou à un autre nous verrons ce genre de situation. »

Colapinto explique le différentiel de vitesse
Franco Colapinto a évité le pire à Melbourne.

Franco Colapinto a évité le pire à Melbourne.

Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images

Interrogé sur la manière dont il avait vécu cette énorme frayeur la semaine dernière, Franco Colapinto confie en avoir pris davantage conscience en revoyant les images. Le pilote Alpine souligne également la capacité d’accélération accrue des monoplaces cette année, qui n’arrange rien dans un tel contexte. 

« Quand j’ai commencé à voir les caméras embarquées après la course, c’était encore plus proche que ce que je pensais, encore plus limite », explique l’Argentin. « Ce sont des choses auxquelles on s’attendait, que l’on savait possibles, des problèmes que toutes les équipes rencontraient. »

« Nous avons parlé à plusieurs reprises du fait que ce genre de situations allait devoir être surveillé et qu’elles pouvaient devenir dangereuses. C’est arrivé. Heureusement, j’ai pu l’éviter et réussir à terminer la course. »

« J’étais déjà à plus de 200 km/h, donc nous étions déjà très rapides. Quand ce boost arrive, avec l’énergie, ça fait beaucoup de puissance et on arrive très vite. Il y a une grande différence de vitesse entre les voitures qui ont un problème et celles qui roulent normalement. »

« J’ai aussi eu, je crois en EL2, une frayeur avec Lewis [Hamilton]. Dans la ligne droite principale j’allais très lentement et ces différences de vitesse arrivent tout le temps. »

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