
Christophe Henrotay et son avocat Me Dimitri de Béco. ©DLE
Il aura fallu attendre neuf ans pour que ce pan du « footballgate » se retrouve devant les instances et pourtant le procès sera ajourné une nouvelle fois. Les avocats de la défense ont soulevé un problème de procédure. En l’espèce, d’autres instructions sont toujours ouvertes à l’encontre des prévenus. Or des éléments de ceux-ci se retrouvent dans la présente affaire mais les conseils des prévenus n’y ont pas tous eu accès pour préparer le dossier.
Les avocats de Henrotay ont demandé une jonction des causes et donc un report du procès en attendant le renvoi des autres affaires en correctionnelle. Ceux de Van Holsbeek ont invoqué une irrecevabilité des poursuites pour atteinte aux droits de la défense.
« Je me passerai bien de dossier dans le monde du sport, qui est censé rassembler. C’est une première chose. La question de savoir s’il y a une loyauté procédurale et une égalité des armes, je souhaiterai dire que le parquet ne cache rien », répond le procureur du Roi Julien Moinil. « Je ne veux pas qu’on dise que le parquet manipule les dossiers, si nous voulons un procès c’est justement pour être transparent. »
Des copies seront versées au dossier
« Le ministère public est indépendant, libre à lui de faire des dossiers séparés. Par rapport aux dossiers à l’instruction, celui dit « Claise » (du nom du juge d’instruction, Ndrl) est quasi clos, le règlement de procédure sera bientôt fixé. Un autre l’est déjà et je suis prêt à en verser une copie intégrale, nous ne pouvons pas le joindre car il s’agit d’une instruction en néerlandais », poursuit-il en invitant la présidente de la 89e chambre de joindre l’incident au fond. Soit qu’elle rende une décision à la fin du procès.
« Il y a évidemment une connexité entre ce dossier et les trois autres. Ils sont liés par les protagonistes qui ont commis d’autres faits mais ce n’est pas correct de dire qu’il s’agit des mêmes faits », précise-t-il.
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« Je souhaite que vous puissiez avoir tous les éléments en main. Il est hors de question que ce dossier ne soit pas jugé dans un délai raisonnable. Je refuse qu’on remette sine die. Je ne veux pas qu’on fasse le procès de la procédure mais je ne m’oppose pas à la jonction du dossier francophone, mais pas le néerlandophone. »
« Nous allons faire une copie des deux dossiers français et néerlandais pour la présente cause. Je joindrai les questions de l’irrecevabilité et de la jonction au fond », a directement annoncé la juge. Le procureur du Roi s’est refusé toutefois refusé à faire traduire le dossier en néerlandais, « une traduction intégrale coûterait au bas mot 250 000 euros, nous sommes à Bruxelles, on devrait tous être capable de le lire », conclut Julien Moinil.
L’affaire a été reportée au 28 mai, les plaidoiries devront avoir lieu début juin.