« Par manque de temps, on prescrit sans se poser les bonnes questions » : le piège silencieux des opioïdes qui enferme des milliers de patientsLa présence de « interleukine-10 »

Pour ce faire, les scientifiques ont mené leur recherche sur des rongeurs. Ils ont pu observer d’importantes différences entre les mâles et les femelles. « Les souris femelles mettaient plus de temps à se remettre de la douleur et produisaient des niveaux plus faibles d’une molécule qui contribue à calmer l’activité électrique des nerfs sensoriels de la douleur », explique l’un d’entre eux.

Les chercheurs ont ensuite appliqué leurs recherches sur des personnes ayant subi des traumatismes comme des accidents de voiture. Et d’après le média américain, ils ont découvert que « si les hommes et les femmes présentaient un niveau de douleur similaire le jour de l’accident, la douleur s’atténuait plus rapidement chez les hommes que chez les femmes sur une période de trois mois ».

Cette différence s’explique donc par la présence plus élevée chez les hommes de la protéine « interleukine-10 (IL-10) », qui inhiberait la transmission des signaux de douleur au cerveau.

Saisons, hormones, pollution : qu’est-ce qui influence vraiment l’état de la peau?Les hormones peuvent jouer un rôle

Interrogé par Women’s Health, Harrison Linder spécialiste de la gestion de la douleur explique que les hormones ont également un impact. « Chez la femme, les œstrogènes et la progestérone influent sur la perception de la douleur et peuvent même accroître la sensibilité à la douleur pendant le cycle menstruel. C’est pourquoi de nombreuses femmes signalent une aggravation de leurs migraines, de leurs douleurs pelviennes ou de leurs douleurs musculo-squelettiques à certains moments du mois », explique-t-il.

Il précise que la testostérone, l’hormone principale chez les hommes, aurait également un effet protecteur contre la transmission de la douleur. Un constat à développer puisque cette hormone favoriserait la production d’IL-10.

Pour la médecin Shravani Durbhakula, également spécialiste de la douleur, la génétique aurait tout autant un effet. « Des études ont identifié davantage de facteurs génétiques liés à la douleur chez les femmes, ce qui pourrait expliquer pourquoi les douleurs chroniques sont plus fréquentes chez elles », affirme-t-elle auprès du magazine féminin.

Douleur : pourquoi il ne faut pas la laisser s’installer

Les deux spécialistes recommandent de continuer à parler ouvertement de la douleur, et précisent qu’elle mérite d’être prise en charge. Ils rappellent d’ailleurs qu’avoir mal n’est pas un échec personnel ni le reflet d’une faiblesse.