Une disparition qui a marqué sa famille, mais aussi toute la chanson française. Compositeur de génie, provocateur assumé, Serge Gainsbourg a laissé derrière lui une œuvre immense et une famille marquée par son héritage artistique. Pour Lulu, les souvenirs restent forcément fragmentaires. Il le reconnaît lui-même avec une certaine pudeur. « Je l’ai perdu très tôt, donc les souvenirs sont flous », confie-t-il. Mais malgré cette distance du temps, certaines images demeurent très vivantes dans sa mémoire. Des instants simples, partagés à la maison, loin de la légende sulfureuse qui entourait l’artiste.
Lulu, le discret fils de Serge Gainsbourg, sort un nouvel EP : « Ce n’est pas facile d’être constamment comparé à lui »Le piano qu’il n’a jamais quitté
Parmi ces souvenirs figure un objet qui l’accompagne encore aujourd’hui. Un piano droit de marque Bechstein, offert par son père lorsqu’il était enfant. Un instrument chargé d’émotion, qui n’a jamais quitté Lulu Gainsbourg.
Il se souvient aussi des moments où Serge Gainsbourg lui faisait découvrir des histoires ou des films comme Peter Pan. Des instants simples, presque ordinaires. Mais pour lui, ils ont aujourd’hui une valeur immense. Le jour de la disparition de son père, Lulu s’est d’ailleurs installé devant ce piano. Presque instinctivement. « Je me suis assis et j’ai refait à l’oreille toutes les mélodies qu’il m’avait jouées », raconte-t-il. Une façon de garder vivant ce lien musical qui les unissait.
Avec les années, Lulu Gainsbourg a suivi sa propre voie dans la musique. Mais porter un nom aussi mythique n’est pas toujours simple. Dans une autre interview accordée à La Tribune Dimanche, il évoque le poids que représente cet héritage. « Être son fils, c’est un sacré poids à porter », reconnaît-il. Une pression qui peut parfois peser sur les épaules. Mais Lulu s’efforce de transformer cet héritage en moteur artistique plutôt qu’en fardeau.
Il partage d’ailleurs un trait bien particulier avec Serge Gainsbourg. Tous deux souffrent d’insomnies. « Je tiens ça de mon papa« , explique-t-il avec un sourire. Une habitude nocturne qui rappelle les longues nuits créatives du chanteur, connu pour composer souvent tard dans la nuit. Trente-cinq ans après la disparition de Serge Gainsbourg, son influence continue donc de vivre. Dans la musique, dans la mémoire collective et dans ce piano qui, chaque jour, rappelle à Lulu les mélodies de son enfance.