La possibilité de maintenir cette ristourne s’explique en partie par l’existence d’un stock important acheté avant l’augmentation récente des tarifs. « Grâce à ce stock, il est plus facile pour nous d’offrir une réduction, explique le professionnel. Ce n’est pas le cas des exploitants qui achètent leur carburant plus fréquemment et doivent s’aligner sur les prix du marché. » Une remise qui n’est pas nouvelle pour l’entreprise qui applique une ristourne de cinq centimes par litre depuis de nombreuses années.
Au Grand-Duché, un système différent
Avec un litre de diesel affiché à 1,828€ et la Super95 à 1,654€ ce jeudi matin, faire le plein au Grand-Duché de Luxembourg ne représente plus vraiment un avantage. Contrairement à la Belgique, les stations-service luxembourgeoises n’appliquent pas de remises sur le carburant. « La différence de prix entre la Belgique et le Luxembourg n’est plus aussi intéressante qu’auparavant, explique Vincent Orts, porte-parole de la Fédération Belge des Négociants en Combustible. Voilà quelques années, le gouvernement luxembourgeois a instauré une taxe progressive sur le CO2 qui se répercute d’année en année sur le prix du litre. La Belgique devrait également introduire une telle taxe dans les années à venir, mais pour l’instant, l’écart de prix entre les deux pays est moins marqué qu’auparavant. » Au Grand-Duché de Luxembourg, il n’existe pas de mécanisme de « blocage » ou de gel des prix du carburant à long terme. Les prix sont fixés régulièrement et sont identiques dans toutes les stations-service du pays, reflétant les fluctuations du marché.
Dans le contexte actuel, il ne faut donc pas s’attendre à voir les prix luxembourgeois baissés dans les prochains jours.
Retour au prix normal chez Esso Paliseul
À quelques kilomètres de là, la station Esso de Paliseul a elle aussi pratiqué une remise durant plusieurs jours, mais celle-ci a pris fin ce mercredi. Jusqu’alors, le diesel y était vendu 1,793€, contre 1,923€ dans la plupart des stations de la province. Depuis, la station aligne ses prix sur ceux du marché. « Nous avions mis en place cette réduction pour dynamiser la station, explique Frédéric Clause, directeur commercial. Pendant quelques jours, nous avons puisé dans nos marges, mais il n’était plus possible de maintenir une telle ristourne dans le contexte actuel. Cela n’a pas vraiment boosté nos ventes mais la remise a surtout profité à nos clients fidèles et aux touristes de passage. » La situation internationale pèse lourdement sur le marché pétrolier. « La guerre ne profite à personne, pas même aux stations-service, précise-t-il. Nous suivons l’évolution du conflit heure par heure car les produits pétroliers sont cotés en bourse. »
Pénurie ? « Non, mais… »
Impossible, selon lui, de prédire l’évolution des prix, même si les signaux actuels ne sont guère encourageants. Face à cette flambée, le gouvernement belge pourrait envisager de plafonner les prix à la pompe, comme par le passé. Une mesure qui soulagerait les consommateurs, mais dont l’impact resterait limité pour les exploitants puisque le prix d’achat à la source resterait identique. Frédéric Clause rappelle avoir déjà connu de telles périodes d’instabilité par le passé. « Les prix peuvent grimper très vite et redescendre tout aussi rapidement. Le véritable problème, c’est qu’on ne maîtrise jamais la durée de ces fluctuations. ». Quant à une pénurie, aucun signe inquiétant n’est observé. « Mais la situation pourrait très vite se dégrader », dit-il.