
Gims était venu faire le show à Dinant, dans la foulée d’un concert à Charleroi, et juste avant un autre showcase à Fléron. ©EDA
On reproche notamment à la Ville de ne pas avoir procédé aux mesures de publicité appropriées quant au choix de l’organisateur. « Il n’apparaît ni des différentes délibérations, susvisées, ni des éléments du dossier que la Ville de Dinant a procédé à des mesures de publicité adéquates, de nature à permettre à tout candidat intéressé de manifester son intérêt ou de remettre une offre préalablement à la décision relative au choix de l’organisateur de l’événement. »
Pour le show express de Gims à Dinant, l’atelier communal sera vidé
Et d’ajouter que le conseil communal de Dinant « ne précise pas les éléments permettant de justifier l’absence de mesures de publicité, ni les raisons objectives pour lesquelles la société VibeXperience a été retenue en qualité d’organisateur de l’événement, sans mise en concurrence avec d’autres opérateurs économiques potentiels. Et ce, d’autant plus que le bâtiment en cause est un atelier communal et n’est pas destiné habituellement à recevoir des événements de cette nature […]. Il y a lieu de vous rappeler que les pouvoirs locaux sont tenus d’agir de manière transparente et de procéder à des mesures de publicité appropriées. »
Loyer « à pouf »
Au départ, la Ville n’avait réclamé aucune location aux organisateurs. Ce qui n’avait pas manqué de faire réagir. Elle avait finalement fixé un loyer de 2000 € et une caution de 5000 €.
On reproche aux autorités communales d’avoir fixé ces montants « à pouf », sans disposer au préalable d’une estimation de la valeur du bâtiment.
« Le Code de la démocratie locale et de la décentralisation prévoit que, pour toute opération immobilière, y compris pour les occupations précaires, les pouvoirs locaux doivent disposer d’une estimation récente de la valeur de l’immeuble. Les éléments repris dans la délibération du collège communal ne permettent pas de justifier l’absence d’estimation de la valeur locative de l’atelier communal. »
Mini-concert de Gims à Dinant le 14 novembre: la Ville sera peut-être rétribuée
Autre remontrance, et non des moindres: le fait d’avoir foncé, malgré les avis négatifs rendus notamment par la coordinatrice PLANU (Planification d’urgence) et par la zone de secours DINAPHI. « Aucun de ces avis ne semble avoir été suivi. »
Sécurité défaillante
La réponse de la tutelle rappelle que les manquements constatés en matière de sécurité sont susceptibles d’entraîner des conséquences graves, voire dramatiques, pour les personnes présentes lors de l’événement.
« L’absence de respect des prescriptions relatives à la prévention incendie et à la capacité maximale autorisée du site expose directement le public à des risques importants. A fortiori, il convient de souligner que les mesures de sécurité doivent impérativement être arrêtées et validées avant toute décision définitive quant à l’attribution du contrat. »

L’atelier communal avait été complètement vidé pour accueillir l’artiste. ©EDA
Et d’insister: lorsque la procédure se poursuit, en dépit des avis défavorables, il est nécessaire de démontrer une évaluation des risques et la maîtrise de ces derniers. »À défaut, la responsabilité des autorités communales pourrait être engagée en cas de survenance d’un incident ou d’un accident impliquant des personnes présentes lors de l’événement. »
Miche-mache des dates
Les incohérences concernant la temporalité de certaines délibérations ont aussi fait tiquer la tutelle. Certaines dates étant… postérieures à l’événement. « Il apparaît pour le moins singulier qu’une référence à la délibération du conseil communal du 17 novembre 2025 figure en première page de la convention signée par les parties et datée du 7 novembre 2025. Dans ce contexte, il convient d’attirer tout particulièrement votre attention quant à la référence, dans un acte juridique, à une délibération postérieure à sa signature, une telle pratique étant contraire aux principes de transparence et de sécurité juridique. »
Le document n’émet par contre pas de reproche par rapport au fait d’avoir traité le dossier à huis clos lors d’une séance du conseil communal.
Pour Thierry Bodlet, conseiller de l’opposition à la base de la réclamation, ce document a le mérite de « remettre les pendules à l’heure d’un point de vue de la procédure […]. Cela rappelle que les décisions prises doivent l’être dans le respect de la réglementation. Sinon, on fait tout et n’importe quoi. »