Orelsan dévoile “La fuite en avant”, un album introspectif et festif lié à son film Yoroï

Orelsan et son pote ont ensuite regagné la scène. “Trop content qu’il soit parmi nous”, a lancé Aurélien le malin. “Et vous savez quoi Bruxelles ? Ce soir, c’est l’anniversaire de Stromae.” Ni une, ni deux, la foule a entonné un happy birthday en règle pour célébrer Paul Van Haver, né le 12 mars 1985 à Etterbeek. “Merci pour le cadeau” a soufflé, ému, notre gloire nationale avant de regagner les loges.

Plus qu’un concert rapOrelsanOrelsanOrelsan ©belga

L’arrivée de Stromae a été la cerise sur le gâteau -d’anniversaire- de cette soirée. Le concert d’Orelsan? Ce n’est plus un concert. Ce n’est même plus du rap. C’est un spectacle total. Un show live où s’entremêlent solos de guitare électrique, batteur en furie, claviériste en apesanteur, l’architecte du son Skread toujours au taquet, ainsi que le fidèle Ablaye en embuscade. Mais aussi des écrans, des décors et une scénographie renversante -au propre comme au figuré- pour 2h30 d’un voyage divisé en quatre tableaux : La Fuite, L’armure, Les Yokaï, En Avant.

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La plupart des séquences puisent dans “La fuite en avant”, dernier album d’Orelsan, et dans le film Yoroï, sorti en parallèle. On y voit le mont Fuji, le puits fatal dans lequel il n’aurait pas dû descendre, les monstres Yokaï qui harcèlent le pauvre Aurélien, prisonnier de son armure. Pour Ailleurs, il débarque sur le même véhicule aperçu dans le film. Une maison traditionnelle japonaise se construit et s’aménage sous nos yeux. ll y a des scènes de combat, des représentations poétiques -un cerisier en fleurs, Paris la nuit, une ruelle déserte sous la pluie… Bref, on a rarement vu une production chez un chanteur francophone.

La musique souveraine

Heureusement, la musique reste souverain. Orelsan enchaîne une trentaine de titres. Sa performance vocale est impressionne : l’énergie retrouvée de Basique; la précision du flow sur L’odeur de l’essence ; la diatribe acérée d’Internet et de SAMA; l’émotion du papa (Deux et demi) et celle du compagnon (Boss) ; l’autodérision de Tellement d’amis. C’est de l’art.

Le seul patron

L’ancien répertoire, devenu “best of”, s’intègre parfaitement dans l’ambiance du dernier album dont il joue une bonne quinzaine d’extraits. Malgré la précision millimétrée de la mise en scène, les moments de complicité et de freestyle avec le public subsistent, même s’ils sont beaucoup moins fréquents qu’autrefois. Et surtout, on ne s’ennuie pas une seule seconde tout en s’évadant mentalement.

Le patron, c’est lui…

Orelsan les 13 et 14 mars (complet), ING Arena, Bruxelles. Dour Festival, le 17 juillet. Nouveau concert programmé le 12/11, ING Arena, Bruxelles.