Après le succès du « Bleu du Caftan », Maryam Touzani change de ton avec « Rue Málaga », une œuvre chaleureuse et plus rassembleuse. Le récit suit María Ángeles, une retraitée tangéroise dont la vie bascule quand sa fille tente de vendre son appartement pour l’installer en Ehpad. Le film se transforme alors en une chronique de résistance : María Ángeles refuse de subir la fatalité du déclin.
Le film repose presque entièrement sur la présence de Carmen Maura, et c’est un bonheur. L’égérie d’Almodóvar insuffle au personnage une énergie bienfaisante. À 80 ans, elle incarne avec audace une femme qui refuse les étiquettes : elle est à la fois la grand-mère espagnole traditionnelle préparant des tortillas et la femme affranchie qui redécouvre le plaisir charnel. Sa capacité à évoquer les émois corporels devant sa sœur nonne, ou à s’afficher nue, témoigne d’une vitalité qui bouscule les conventions sociales ainsi que d’un parti pris courageux de la cinéaste.
Bien que le scénario s’affranchisse de quelques vraisemblances – Tanger y est dépeinte comme majoritairement hispanophone -, l’essentiel réside dans la chaleur humaine qui se dégage du film. « Rue Málaga » utilise les codes du feel-good movie, en misant sur la sincérité des liens et le refus d’obtempérer au malheur. C’est une œuvre qui offre une expérience regorgeant de vitalité et particulièrement réconfortante. En ces temps de tragédies multiples, c’est une bouffée d’oxygène.
À découvrir au Casino en VOST : mercredi 11 mars (18 h 30), vendredi 13 mars (16 h 30), samedi 14 mars (11 heures), lundi 16 mars (18 heures).