Sarah Knafo, Édouard Philippe, Éric Ciotti… : ces politiciens qui jouent gros à un mois des municipales en France

Le dimanche 15 mars prochain aura lieu le premier tour des élections municipales en France. Un scrutin en forme de thermomètre alors que la présidentielle approche à grands pas.

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Par Nathan Delie

Journaliste
Publié le 15/02/2026 à 08:00

L’actualité politique semble ne jamais devoir se tarir en France. Élections européennes, dissolution de l’Assemblée nationale, multiplication des gouvernements, tractations autour des votes du budget, sort de la réforme des retraites : le second mandat d’Emmanuel Macron aura en effet été riche de rebondissements. Alors qu’il touche doucement à sa fin, une dernière épreuve électorale se profile sous cette présidence. Les élections municipales, qui détermineront le visage des quelque 30 000 communes que compte l’Hexagone, doivent en effet se tenir les 15 et 22 mars prochains.

Même si elles répondent bien souvent à des logiques locales, ces élections feront aussi figure de test grandeur nature avant la présidentielle d’avril 2027. « Ça reste un thermomètre de l’état de l’opinion à un peu plus d’an des élections présidentielles », confirme le politologue Benjamin Biard, qui note que de nombreuses incertitudes subsistent néanmoins à ce stade, à commencer par la liste définitive des candidats qui participeront à cette grande bataille pour la succession d’Emmanuel Macron.

L’extrême droite se positionne

En vogue en ce moment, le Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella espère consolider ses positions. En 2021, le parti d’extrême droite avait conquis la mairie d’une première ville de plus de 100 000 habitants, Perpignan, où officie Louis Aliot. L’ex compagnon de Marine Le Pen est néanmoins inquiété tout comme elle dans le cadre du procès des assistants des parlementaires RN au Parlement européen et pourrait en pâtir lors de la campagne. La formation politique avait également obtenu des succès dans d’autres villes comme Hénin-Beaumont ou Fréjus, notamment. Reste donc à voir si elle pourra confirmer.

C’est toutefois une autre personnalité radicale qui concentre l’attention médiatique en ce moment. Sarah Knafo mène en effet campagne à Paris, où elle pourrait jouer un rôle important dans la perspective du second tour, qui devrait opposer le socialiste Emmanuel Grégoire à Rachida Dati. « Il y a un enjeu autour de la personnalité de Sarah Knafo. Je ne la vois pas du tout devenir maire de Paris, mais elle a selon les sondages la capacité d’obtenir un score de plus de 10 %, ce qui est loin d’être négligeable », confirme le chercheur au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP).

Des enjeux importants

Le spécialiste de la vie politique française cite également Édouard Philippe et Éric Ciotti comme protagonistes importants du scrutin à venir. Le premier, ancien chef du gouvernement, a en effet conditionné sa candidature à la présidentielle à une victoire au Havre, dont il est maire depuis 2010. Le second, qui a fondé son propre parti (l’UDR) et fait alliance avec le Rassemblement national, espère percer à l’occasion des municipales. « Il a fait défection des Républicains qu’il présidait et vise désormais la mairie de Nice. On constate déjà des tensions très fortes avec Christian Estrosi, l’actuel édile, dans le cadre de cette campagne », relève Benjamin Biard.


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Restent encore à savoir quel score obtiendront les écologistes. Lors des dernières élections, les Verts avaient conquis plusieurs villes de première importance avec Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou encore Lyon, notamment. Ils semblent aujourd’hui en difficulté. Quand au camp centriste, divisé, il ne paraît pas pouvoir s’imposer dans de nombreuses communes, où la gauche et la droite traditionnelle dominent. « La question sera de savoir ce qui restera du camp macroniste quand Emmanuel Macron aura quitté l’Élysée », conclut d’ailleurs le politologue.