NTF veille à ce que ses membres ne soient pas considérés comme ceux qui empêchent les agriculteurs d’exploiter librement les terres agricoles. Parce que ceux qui achètent essentiellement des terres agricoles, ce sont les agriculteurs. Dans le dernier rapport de l’Observatoire, on y apprenait que 67 % des acquisitions ont été réalisées par des agriculteurs. « La frénésie des achats est due aux agriculteurs. Il n’y a pas un mécanisme de spéculation qui s’est mis en place, il n’y a pas de fonds étrangers. »
Le prix de l’hectare agricole a encore grimpéUn bail à ferme « plus attractif et plus rassurant »
L’enjeu à venir, c’est la réforme du bail à ferme : « il faut qu’il soit plus attractif pour les propriétaires et plus rassurant pour les agriculteurs. » NTF souhaite qu’on intègre plus la dimension économique dans les négociations relatives à la destination des terres agricoles et zones forestières. « Les forêts disparaissent parce qu’on ne leur reconnaît pas un rôle économique. Veut-on une forêt wallonne sous cloche et importer du bois ? Ou bien veut-on l’exploiter de manière durable ? «
L’association se dit en phase avec la ministre Dalcq sur son approche par rapport au bail à ferme, à la définition de l’agriculteur actif, mais… Mais NTF s’offusque « lorsque la ministre suggère que la structure de la propriété foncière fait peser un risque sur l’autonomie alimentaire wallonne. Alors que les terres agricoles sont achetées par des agriculteurs et que ce sont les non-agriculteurs qui ‘perdent’ du terrain. »
L’association des propriétaires ruraux assure avoir la volonté de collaborer avec les agriculteurs. Mais avec un cadre quelque peu adapté. Au niveau des fermages, Sébastien Cassart appelle à « recoller à une certaine réalité. Il y a une nécessité de recoller à des fermages plus attractifs pour les propriétaires ». Cela passerait par un relèvement du prix des locations. « Notre priorité, c’est une sécurité juridique qui passe par la simplification. On ne remet pas non plus en cause la durée des baux. »

Agriculture en automne ©Jean Luc FlemalUn regard sur l’exploitation ?
Qu’attendent les propriétaires sur une sécurité juridique ? C’est d’abord que tous les baux soient réalisés par écrit, qu’ils puissent savoir qui exploite réellement leur terre. « L’exploitation de terres est parfois échangée entre agriculteurs sans que le propriétaire en soit informé ». La liberté de culture propre à l’exploitant est quelque peu écorchée lorsque NTF exprime que « c’est douloureux pour un propriétaire lorsqu’il voit l’érosion des terres. » Et donc de constater que son bien se dégrade en raison de certaines pratiques culturales. NTF ne l’annonce pas clairement mais on comprend que l’association souhaiterait que les propriétaires soient parfois associés à ce qui se fait sur la terre : le sujet est sensible. Une première réunion de travail a déjà rassemblé les protagonistes de ce dossier. D’autres seront bien nécessaires pour atteindre un accord sur cette stratégie foncière voulue par la ministre Dalcq.
Règlement européen de la restauration de la nature : « être des acteurs de la biodiversité »
« On veut s’assurer que les propriétaires puissent apporter leur pierre à l’édifice », insiste Sébastien Cassart, secrétaire général de NTF. Il évoque ainsi la « Nature and restoration law ». Ce règlement européen vise à restaurer la biodiversité au sein d’un agenda s’étirant jusqu’à 2050. « On veut être associé pour ne pas que les propriétaires soient spectateurs des mesures qui vont être mises en plan. Les propriétaires veulent être des acteurs de la biodiversité et de bonnes mesures environnementales. »