Quelles sont les données disponibles pour les CPAS ?

A priori, les premiers chiffres recueillis par le SPP Intégration sociale semblent apaiser les craintes qu’avaient les CPAS de voir débouler en masse des ex-chômeurs.

En janvier (mois durant lequel est intervenue la première vague d’exclusion), 17 662 personnes ont été exclues des allocations en Belgique. Parmi elles, 3 552 ont sollicité et obtenu un revenu d’intégration. Soit un taux de report vers les CPAS de 20,1 % assez inférieur aux 33 % initialement attendus.

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Ces premières données- qui pourraient inciter à l’optimisme- doivent cependant être relativisées. D’abord parce qu’on peut noter d’importantes différences entre les taux mesurés dans les communes rurales et dans les grandes agglomérations urbaines.

“Dans les grandes villes wallonnes, qui concentrent davantage de précarité, on peut atteindre les 40 ou les 50 % de report vers les CPAS”, livre Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS en Wallonie.

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Sur l’ensemble des personnes exclues lors de la première vague à Charleroi, 56 % d’entre elles se sont tournées vers le CPAS (et ont obtenu le RIS), ont par exemple communiqué les autorités de la ville.

Les plus grosses vagues sont à venir

Ensuite, il faut rester prudent, alors que les données collectées sont encore incomplètes (les chiffres fournis au SPP dépendent de la rapidité d’encodage des dossiers) et ne seront stabilisées, pour janvier, qu’au mois de mai.

Surtout, la première vague des personnes ayant perdu leur droit au chômage est la plus petite cette année ; celle de mars et, a fortiori, d’avril concernent près du double du nombre de personnes.

Et contrairement à janvier où les personnes perdant une allocation d’insertion (sur base des études) étaient pratiquement aussi nombreuses que les chômeurs, ces derniers seront très largement majoritaires dans les prochaines cohortes d’exclus.

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Il n’est pas déraisonnable de penser qu’ils auront moins de possibilités de s’appuyer sur la solidarité familiale (à l’inverse d’un ex-étudiant habitant encore chez ses parents) et, de ce fait, seront d’autant plus susceptibles d’être déclarés éligibles au revenu d’intégration.

Report de la charge de travail

Notons enfin qu’indépendamment de l’octroi ou non d’un RIS, l’afflux de demandeurs occasionne déjà une charge de travail conséquente pour les CPAS, chaque demande devant être analysée et devant répondre à une enquête sociale.

“Pour Bruxelles, les premiers chiffres dont je dispose indiquent qu’on a dépassé, en moyenne, les 60 % d’exclus venant pousser nos portes”, constate Sébastien Lepoivre, président de la Fédération des CPAS bruxellois. Le report de charge est colossal.”

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