Les professionnels du secteur se veulent donc rassurants. Les annulations restent limitées et la plupart des voyageurs préfèrent attendre avant de modifier leurs projets. « Il y a sûrement des gens qui se demandent s’ils ont fait le bon choix pour leurs vacances, mais beaucoup préfèrent attendre l’évolution du conflit avant de prendre une décision », explique Piet Demeyere, porte-parole de TUI Belgique.

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Légalement, un voyageur peut toujours décider d’annuler son voyage, mais s’il le fait alors que la destination est considérée comme sûre, cela se fera généralement à ses frais

Cette prudence s’expliquerait donc aussi par des raisons financières. Au contraire, si les destinations choisies par les voyageurs sont toujours « déconseillés » alors un remboursement pourrait intervenir mais les situations sont évaluées « au cas par cas ».

« Les grandes destinations habituelles » pourraient séduire davantage

Les nouvelles réservations semblent cependant déjà influencées par la situation internationale. Selon TUI, les destinations les plus éloignées du Moyen-Orient suscitent déjà davantage d’intérêt. « Nous remarquons que les pays situés le plus loin du Golfe attirent davantage les voyageurs, comme l’Espagne, le Portugal, le Cap-Vert ou le Maroc », observe Piet Demeyere. « Psychologiquement, les gens préfèrent rester à distance de la zone. « 

Le constat est similaire pour Sébastien Crucifix : les destinations européennes pourraient profiter de ce contexte via « un réflexe de repli vers les grandes destinations habituelles », explique-t-il. « Les voyageurs pourraient privilégier des pays proches où ils ont l’habitude d’aller : l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce ou le Portugal. « 

Pour les voyageurs qui envisagent de modifier leur destination, tout dépend avant tout de la situation sur place et des conditions du voyage réservé. Dans certains cas, les agences peuvent proposer de réorienter le voyage vers une autre destination, mais cela dépend du délai avant le départ et de la différence tarifaire entre l’ancien et le nouveau séjour. Si une alternative est trouvée, le voyageur devra donc généralement payer la différence de prix entre les deux séjours, ce qui peut rendre l’opération plus coûteuse.

Vers une hausse des prix du billet d’avion ?

Malgré cette possible redistribution des destinations, le secteur ne s’attend pas à une explosion des prix pour les vacances d’été. « L’offre et la demande devraient rester assez classiques », assure Sébastien Crucifix. « Il ne faut pas craindre une flambée des prix sur les destinations européennes traditionnelles. « 

L’impact pourrait plutôt venir de la hausse du prix du pétrole, liée aux tensions internationales. Les compagnies aériennes pourraient répercuter une partie de cette hausse sur les billets d’avion. « On parle toutefois d’une augmentation assez marginale, de l’ordre de quelques dizaines d’euros sur un ticket », assure le secrétaire général de l’UPAV.

Pour les voyageurs qui auraient des doutes sur certaines destinations, plusieurs solutions existent : les agences peuvent proposer des itinéraires alternatifs ou privilégier des vols directs afin d’éviter certains hubs aéroportuaires situés dans la zone à risque.

Dans tous les cas, « aucun professionnel n’enverra des voyageurs dans une destination trop délicate », insiste Sébastien Crucifix. D’ici là, les acteurs du tourisme invitent surtout les voyageurs à garder la tête froide. « Une fois que le trafic aérien est ouvert, c’est qu’il est considéré comme sûr », rappelle le représentant de l’UPAV.