En Belgique, un couple sur six est concerné par l’infertilité. Une femme ayant un cycle menstruel régulier qui tente de concevoir de manière naturelle à 20 % de probabilité chaque mois d’être enceinte à 30 ans. À 35 ans, la chance descend à 12 % et à 40 ans, ça tombe à 5 %.
Congélation des ovocytes
Selon Stabel, l’âge moyen au premier enfant témoigne d’une maternité plus tardive. D’après les derniers chiffres de 2022, les femmes tombent enceintes pour la première fois à 29,6 ans et ont un enfant à 31,3 ans en 2024.
À défaut de vouloir un enfant tout de suite, la médecine permet « d’arrêter » le temps pour découvrir la maternité plus tard. « La congélation des ovocytes se fait de plus en plus tôt. En 2010-2012, l’âge moyen était 37 ans. En 2025, c’est 34 ans, c’est l’idéal car c’est juste avant le déclin de la qualité », note Pr Michel De Vos. « Une femme de moins de 35 ans qui congèle 10 ovocytes a une probabilité de naissance de 50 % peu importe l’âge qu’elle a quand elle utilise les ovocytes congelés. La congélation bloque le déclin de la qualité. »
En 2025, 656 cycles de congélation d’ovocytes au sein de l’UZ Brussel, soit environ 400 femmes. L’année précédente, il y a eu une centaine de cycles en moins. « Il y a une augmentation des demandes de congélation d’ovocytes en Belgique et ailleurs pour des raisons non médicales. Il y a 20 ans, au début, c’était surtout des femmes qui avaient le cancer. Maintenant, elles sont dépassées par les femmes célibataires de 30-37 ans qui recourent à la congélation pour réduire et évincer le stress provoqué par la biologie », compare l’expert.
Jusqu’à 3.000 euros
Contrairement à la France où c’est gratuit et géré par l’État, la congélation des ovocytes est à la charge de la femme en Belgique. Il faut compter entre 2.500 et 3.000 euros pour un cycle.
« On pourrait modifier l’âge limite de la fécondation in vitro pour que le remboursement se fasse en fonction de l’âge de l’ovocyte et non de la femme. Faire une FIV à 43 ans ne sert à rien par contre faire une FIV à 43 ans avec des ovocytes congelés plus jeune a des chances d’aboutir », plaide Pr Michel De Vos, conscient qu’il y a peu de chance que la congélation des ovocytes soit en partie payée par l’État vu la situation budgétaire.