
La mascarade du Carnaval, c’est ce samedi. Mais la venue du ministre Clarinval à l’Hôtel de ville avait aussi des allures « folkloriques », pas pour les mêmes raisons. ©EDA
Ce fameux moment d’échange, il l’a finalement obtenu avant de partir pour d’autres obligations dans la région. « On a adapté la réforme chômage pour les personnes qui travaillent à tiers-temps dans les académies de musique et le statut des aidants proches. Quand les arguments sont basés sur une réalité objective, on peut toujours adapter une réforme. Je déplore surtout le fait qu’on m’attaque frontalement avec des messages inexacts et des slogans qui ne font qu’exciter les foules. Je suis un Ardennais. Quand on me contrarie, je deviens moi-même contrariant. »
David Clarinval est venu sonder les réalités de terrain des bourgmestres et présidents de CPAS. « Le gouvernement est ouvert à d’autres adaptations, si nécessaire et si les demandes sont légitimes. Les différences sont étonnantes entre les zones rurales et urbaines. On le voit grâce à ces temps d’échange. On analysera ces données et on s’adaptera, si nécessaire. »
Pourquoi une telle rencontre n’a pas eu lieu avant l’entrée en vigueur de la réforme ? Ou dans un an, avec des données plus solides ? « On est élu en politique pour mener des réformes et on avait suffisamment analysé le pour et le contre avant de décider d’un plan de bataille pour réduire le taux de chômage. On peut toujours ajuster, je le répète. »
Marie-Christine Marghem ne dit pas autre chose. « On a déjà assez de recul suite aux premiers effets de cette réforme. Les premières vagues concernent des personnes au chômage depuis longtemps, où la remise à l’emploi est plus compliquée », estime la bourgmestre de Tournai. « L’essentiel du message, c’est de charger les CPAS d’une mission et de s’assurer qu’ils puissent être en mesure de mener cette mission, essentielle pour retrouver un équilibre financier. Les élus locaux repartiront d’ici avec des éléments concrets qui donnent du cœur à l’ouvrage. Le fédéral ne les abandonne pas et leur donne les moyens de participer activement à cette politique. Et s’il y a des corrections à apporter, elles seront apportées. »
En préparation à cette grande table ronde, la Ville de Tournai a interrogé les communes de Wallonie picarde sur les points essentiels à aborder. 21 communes ont répondu. Et le boycott du PS ? « C’est un mauvais réflexe démocratique… même anti-démocratique. Le ministre Clarinval vient dans une démarche de dialogue, arrive avec du factuel. Heureusement, il y avait deux bourgmestres PS dans l’assemblée. C’est la preuve qu’il reste des socialistes qui savent encore réfléchir… »
Une conclusion dont MCM a le secret… qui n’apaisera sans doute pas les relations entre majorité et opposition, peu importe le niveau de pouvoir.