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Fatigue extrême, troubles de la mémoire, difficultés à respirer : pour certains malades, le Covid ne s’est jamais vraiment arrêté. À l’occasion de la journée internationale du Covid long, ce 15 mars, des patients du département témoignent d’une maladie encore méconnue, qui toucherait près de 400 millions de personnes dans le monde.
Ce 15 mars marque la journée internationale de sensibilisation au Covid long. Une maladie encore mal connue, qui toucherait environ 400 millions de personnes dans le monde selon les estimations internationales.
Dans le Gers, David Gracia et Fatiha Zerouali vivent avec ces séquelles depuis plusieurs années. Avec Marlène, la femme de David, ils ont accepté de témoigner pour mieux faire connaître cette pathologie invisible.
« Un matin, la machine ne marchait plus »
Pour David Gracia, tout commence en 2022. Après avoir contracté le Covid-19, il pense d’abord s’en remettre. Mais très vite, la fatigue devient écrasante.
« J’ai repris le travail, puis j’ai fait une rechute. Un matin, je me suis levé et la machine ne marchait plus », raconte-t-il.
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Pendant plus d’un an, les examens s’enchaînent sans explication claire. Ce n’est qu’après une série de tests réalisés dans une clinique de Toulouse que le diagnostic tombe : Covid long.
Les symptômes sont multiples : fatigue extrême, troubles de la mémoire, difficultés à parler ou à se concentrer.
« La fatigue n’a rien à voir avec une fatigue normale. Même une conversation peut être pénible », explique-t-il. Ancien responsable d’équipe, David est aujourd’hui reconnu en invalidité.
L’un des symptômes les plus handicapants est le malaise post-effort. Un effort physique ou mental peut provoquer une dégradation brutale de l’état de santé.
« On peut se retrouver cloué au lit pendant plusieurs jours, avec de la fièvre et des tremblements. »
Pendant longtemps, il a essayé de continuer à vivre normalement. Aujourd’hui, son quotidien est entièrement organisé autour de la gestion de l’énergie.
Une maladie qui ne se voit pas
Fatiha Zerouali, elle aussi touchée par le Covid long depuis 2020, connaît bien ce sentiment d’incompréhension. Aide-soignante de profession, elle a contracté le virus dans le cadre de son travail.
« Mes poumons étaient atteints à 70 %. » Depuis, elle souffre encore de fatigue, de troubles de l’équilibre et de problèmes de mémoire. Elle suit toujours des séances de kinésithérapie et d’orthophonie, et prend un traitement lourd.
Mais le plus difficile reste souvent le regard des autres. « C’est une maladie invisible. Certains jours je vais bien, alors les gens pensent que tout est réglé. »
Au travail, la situation est devenue très compliquée. Après 23 ans dans le même établissement, elle a dû changer de poste. « J’ai été reclassée sur un poste aménagé. J’aime ce que je fais, mais ce n’est plus mon métier d’aide-soignante. »
Des vies bouleversées
La maladie a aussi un impact sur la vie personnelle. « Avant, on faisait beaucoup de randonnée avec mon mari. Aujourd’hui, il part parfois seul », confie Fatiha. Son fils, kinésithérapeute, hésite même à s’installer ailleurs pour rester proche d’elle.
Face à l’isolement, David et Fatiha ont rejoint un collectif de patients atteints de Covid long dans le Gers. « On a recensé une vingtaine de personnes diagnostiquées officiellement, mais on sait qu’il y en a davantage », explique David.

David et Fatiha se sont rencontré via le collectif Covid long 32.
DDM
Car l’un des problèmes reste le manque de données. En France, il n’existe pas de recensement précis des malades.
Pour Marlène, l’épouse de David, la maladie bouleverse aussi le quotidien des proches.
« La fatigue est telle que tout devient un défi : faire les courses, discuter, sortir. » L’imprévisibilité rend la vie difficile à organiser. « Un jour ça va, le lendemain plus du tout. On ne peut jamais prévoir. »
À l’occasion de la journée mondiale du Covid long, ces patients espèrent surtout une meilleure reconnaissance. « Quand on arrive simplement à aller acheter son pain le matin, c’est déjà une victoire », résume David. Lui et Fatiha, mais aussi leurs proches, espèrent désormais que davantage de moyens seront consacrés à la recherche sur le Covid long. Tous deux redoutent que la maladie, moins visible aujourd’hui dans l’actualité, ne soit progressivement oubliée par les pouvoirs publics.
Un combat discret, mais partagé par des millions de personnes à travers le monde.