Avouez que le Belge est plus sympa…

« (Rires) Je l’admets. Vous n’êtes pas forcément plus rieurs que le public du Nord, mais certainement parmi les plus sympathiques. D’emblée, on le ressent en montant sur scène. De surcroît, « Tout va très bien » est une vraie comédie, avec beaucoup de moments où on se marre beaucoup. C’est le bonheur pour tous ! Et la troisième mi-temps l’est aussi… »

De fait, la Belgique est réputée pour ses bières. Déjà pris une bonne cuite chez nous ?

« Je n’ai jamais pris une cuite à la bière, j’aurais trop l’impression que mon ventre explose ! Mais, à 45 ans, j’ai envie de m’amuser. Surtout en Belgique. J’y ai monté deux spectacles, donc forcément j’y ai passé pas mal de temps. L’ambiance est toujours aussi belle et chaleureuse, avec un esprit festif. La philosophie belge est positive. Évidemment, je ne vais pas replonger dans l’histoire de nos matches de foot et de notre victoire en demi-finale. Croyez-moi, à cette époque, après ce duel en Coupe du monde, j’ai perdu quelques camarades… »

Sur scène, comment ça se passe avec Laurent Ournac (« Camping Paradis ») ?

« Super bien. Lui, c’est le chef de troupe. Il vend la sauce, il est le gardien de l’histoire. C’est lui qui garde le cap et nous, nous sommes là pour l’ennuyer. Il est la locomotive et nous essayons de faire dérailler le train ! »

Arthur Jugnot bientôt de retour en Belgique avec une pièce déjantée : « Il faut que le spectacle soit hyper carré pour faire n’importe quoi »

Pourquoi ce type de comédie fonctionne-t-il encore autant aujourd’hui ?

« Les gens ont toujours eu besoin de se marrer. Ils ont envie de ressortir heureux d’une salle après avoir vu une bonne heure et demie d’un spectacle positif. C’est très jouissif. »

Être fils d’acteur célèbre, c’est plus compliqué que ce que les gens pourraient penser, non ?

« Honnêtement, je n’en sais rien. Disons que tout est plus rapide. Si vous faites un succès, les gens parlent de vous très vite, et c’est plus simple. Par contre, si vous faites un échec, ils s’en souviennent aussi, et on se fait dézinguer plus rapidement. C’est un accélérateur, dans un sens comme dans l’autre. Il est certain que c’est une pression supplémentaire qu’il faut apprendre à gérer. Il y a de bons côtés et d’autres moins bons. En résumé, il faut essayer de ne pas merder, de ne pas faire honte à sa famille. »

On peut écrire que vous avez réussi à construire votre identité en dehors de celle de votre père ?

« Peut-être. Et en même temps, vous me posez cette question ! C’est normal, c’est comme ça. Ce qu’il faut, c’est être fier de son travail et être heureux. C’est encore plus important de nos jours. »

Peut-on dire qu’un pays va bien lorsqu’on commence à mettre à mal la culture ?

« Peut-on dire qu’un pays va bien tout court ? Je ne sais pas. Il est certain que la culture va très mal. C’est compliqué. Un médecin va vous dire qu’il est plus important de mettre de l’argent dans un hôpital que dans un théâtre. Chacun voit midi à sa porte. Un pays va mal lorsqu’il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas. Ça ne se réduit pas à la culture, mais cela en fait partie. »

Avez-vous un beau souvenir belge, qui était anodin et est finalement gravé à jamais dans votre esprit ?

« Lorsque nous jouons au Forum, nous allons toujours dans le Carré, dans un restaurant qui s’appelle « Les Sabots d’Hélène ». À chaque fois que je viens à Liège, c’est mon passage obligé : je finis toujours là-bas ! Marc, le patron, fait des pierrades de viandes improbables. Ensuite, il nous fait visiter sa cave à vin, qui est sublime. On finit par se raconter des histoires. Lorsqu’on part en tournée en Belgique, on parle immédiatement de cet endroit. C’est un peu le rendez-vous qu’on est heureux d’honorer. »

Et à Bruxelles ? Quels sont vos endroits incontournables ?

« Je vais dans un restaurant italien tenu par le beau-frère de Charlie Dupont. Charlie et Tania, c’est ma famille de cœur belge. On se connaît depuis longtemps, on a bossé ensemble. Lorsque je viens à Bruxelles, c’est aussi un passage obligé. »

Aux côtés de Laurent Ournac, Arthur Jugnot brille dans « Tout va très bien », une comédie dynamique présentée les 9 et 10 avril au Centre culturel d’Auderghem.Aux côtés de Laurent Ournac, Arthur Jugnot brille dans « Tout va très bien », une comédie dynamique présentée les 9 et 10 avril au Centre culturel d’Auderghem.Aux côtés de Laurent Ournac, Arthur Jugnot brille dans « Tout va très bien », une comédie dynamique présentée les 9 et 10 avril au Centre culturel d’Auderghem. ©D.R.