Le mannequin star des années 1980 évoque longuement sa carrière dans la mode dans le dernier numéro de Madame Figaro, en kiosques actuellement.
«J’ai commencé par être mannequin en dilettante, me disant que c’était un moyen de gagner un peu d’argent de poche. En fait, je ne m’autorisais pas l’idée que j’aimais la mode», raconte Ines de la Fressange à Madame Figaro. Cette semaine, le mannequin phare des années 1980 est en effet en couverture de notre nouveau numéro, et s’est confié lors d’un grand entretien sur sa carrière, se remémorant notamment ses premiers pas dans la mode : «À l’époque, les défilés s’adressaient principalement à la presse ou aux professionnels de la mode, alors les filles avaient de vraies têtes, de grands nez, beaucoup de personnalité.»
Cette époque, c’était celle des années 1980. Cette période qui a fait de Jean Paul Gaultier une célébrité dans son milieu, qui a vu naître sur les podiums les plus belles collections d’Yves Saint Laurent, et qui a enclenché le début de l’ère des supermodels avec, en tête de liste, Cindy Crawford, Claudia Schiffer ou encore Naomi Campbell. Des filles loin de cette simplicité très «parisienne» qu’incarnait alors Ines de la Fressange. «Je me souviens par exemple que lorsqu’on essayait d’entrer dans les tentes des défilés avec les copines, les gars de la sécurité ne nous croyaient pas quand on leur disait qu’on était mannequins», a-t-elle confié. Et de poursuivre :«Ils s’attendaient à voir des pin-up ! C’était nouveau, une fille un peu androgyne, avec très peu de maquillage, un Perfecto noir… Il y avait quand même des gens qui pensaient que j’étais droguée… Je ne savais pas défiler, j’étais ultratimide.»
On me mettait à toutes les sauces : une fois, en couverture de L’Express, on me présentait comme le parangon de la bourgeoisie française… Quelques mois plus tard, dans Le Nouvel Obs, on parlait “d’aristocratie française”.
Ines de la Fressage à Madame Figaro
«Il y avait beaucoup de préjugés à propos des mannequins»
Cette différence, et notamment cette manie de sourire lors de ses passages sur les podiums, aura toutefois fait sa force. Au point de se lier d’amitié avec l’un des plus grands couturiers de sa génération, Karl Lagerfeld, nommé directeur artistique de Chanel en 1983, et qui aimait tant capitaliser sur ce que son époque trouvait «original» ou «différent». «Dans les années 1980, il y a eu aussi l’influence notable des Japonais, qui faisaient défiler les filles sans maquillage, les cheveux défaits», ajoute Ines de la Fressange.
Ines de la Fressange lors du défilé haute couture de Chanel. (Paris, le 23 juillet 1984.)
Daniel SIMON / Gamma-Rapho via Getty Images
Ce qu’elle retient tout particulièrement de cette période de sa vie ? Cette étiquette «bourgeoise» que l’industrie, très misogyne à l’époque, lui a attribuée. «Il y avait beaucoup de préjugés à propos des mannequins. On pensait qu’elles ne mangeaient que des feuilles de salade, qu’elles étaient là pour trouver un mari», nous a-t-elle expliqué. Et de continuer, plus loin : «Je jouais le jeu, j’acceptais les interviews, j’allais à la télévision. On me mettait à toutes les sauces : une fois, en couverture de L’Express, on me présentait comme le parangon de la bourgeoisie française… Quelques mois plus tard, dans Le Nouvel Obs, on parlait “d’aristocratie française”. C’était marrant !»