l’essentiel
L’Université Jean Jaurès site de Foix a organisé, mercredi 11 mars, une soirée sur les dangers des explications pseudo-neuroscientifiques à la salle de l’amphithéâtre.

La projection du film documentaire « Climat, mon cerveau fait l’autruche », tourné par Raphaël Hitier en 2021, donnait le ton.

Les chercheurs sur ce sujet actuel, lié à des facteurs sensibles à connotations politiques autant que climatiques, sont : Caroline Fonta (chercheuse émérite, directrice de recherches cerveau et cognition au CNRS à l’Université de Toulouse), Jean-Yves Léna, maître de conférences en géographie de l’environnement (GEODE), Quentin Gascuel (ressourcerie de Foix et scientifique), et Jean-Michel Hupé, chercheur en écologie politique au CNRS. La deuxième partie était consacrée aux questions du public sur le thème relationnel entre le cerveau et l’environnement.

Le journal « Le Monde » publie, le 7 juillet 2022, un article interrogatif : « Pourquoi détruit-on la planète ? Les dangers des explications pseudo-neuroscientifiques ». Cet article, signé par Thierry Ripoll et Sébastien Bohler, « met en garde contre la thèse qu’ils jugent scientifiquement infondée, selon laquelle une de nos structures cérébrales nous conditionnerait à surconsommer ».

Un avenir flou

La catastrophe climatique est imminente, mais elle est évitable. L’absence de réaction, par peur de changer les habitudes de vie les plus communes, peut résulter d’un mécanisme psychique qui empêche de voir la situation telle qu’elle est, refuser les mauvais réflexes et faire les choix qui s’imposent.

Durant la projection du film, Jean-Michel Hupé s’est attaché à démontrer le fonctionnement du cerveau face au dérèglement climatique, mais plus encore avec la notion de surconsommation. C’est un déni de la réalité qui nous entoure. Il y a, dans tout cerveau, une sorte de blocage, empruntant le mode de vie face à l’inaction des pouvoirs politiques, laxistes face à cette surconsommation. Ce comportement est lié à l’amélioration des revenus, permettant l’absurdité dictée par le cerveau, qui est, ne l’oublions pas, l’ordinateur du face-à-face et du superflu.

Il faut bien l’avouer, le public présent n’était pas composé de chercheurs, bien que quelques personnes maîtrisaient partiellement les données relations/climat/surconsommation/cerveau.

Une belle démonstration de Jean-Michel Hupé face à la question posée : « Comment peut-on prévoir, en 2100, une hausse des températures jusqu’à 6° ? »

Sa réponse est nuancée : elle peut se conjuguer avec les énergies fossiles devenues inexploitables. Le nucléaire serait prédominant pour les nations à fort PIB, mais les autres, en voie de développement — car il y en aura toujours — continueront-elles à extraire du charbon, du bois, des hydrocarbures pour des véhicules plus nombreux ? Quelles seront les nouvelles activités professionnelles ? Les enfants d’après-demain mangeront-ils de la viande et y aura-t-il seulement encore des bovins, des ovins, des volailles, qui sont aujourd’hui estimés être des pollueurs ? Le mode de consommation et de déplacement aura changé plusieurs fois en trois quarts de siècle : il est difficile à prévoir.

Le cerveau a du pain sur la planche : « Il aura à affronter une société des neurosciences » toujours en mutation.

Les chercheurs ont une foule de questions à évoquer, bien qu’ils doivent apporter des précisions. Il peut y avoir des zones blanches dans le cerveau (même sans faire l’autruche) qu’il faudra peut-être doter de la fibre optique, qui aura aussi traversé les progrès technologiques impossibles à cerner ce jour, seulement en filigrane.