Quel pont entre San Francisco et Malzéville ? L’itinéraire de David Fenard. Ce virologue d’origine auvergnate, à l’esprit remarquable, vient d’être nommé à la direction du laboratoire de référence de la rage et de la faune sauvage de l ’ANSES de Nancy/Malzéville : « Je voulais retrouver une mission sociétale, revenir à une mission de santé publique. » Auparavant, il a mené des recherches sur le VIH dans la ville californienne.

Le voici donc à la tête d’une équipe de 40 spécialistes formant un laboratoire de référence en France, ressource aussi au niveau européen.

En somme tous les cas de rage chez l’animal recensés en France sont décortiqués ici.

« Concernant les mammifères terriens, la rage a disparu depuis 25 ans du sol français »

David Fenard balaye tout sous-entendu : « Concernant les mammifères terriens, la rage a disparu depuis 25 ans du sol français mais à 1 à 2 % des chauves-souris sont porteuses. On suit aussi les animaux qui arrivent sur le sol français, ceux-là doivent aussi être suivis ou faire l’objet d’analyses. Je rappelle aux gens qui voyagent avec leurs animaux qu’ils doivent impérativement tenir à jour leur carnet de vaccination. »

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Les préconisations du laboratoire sont suivies pour ce virus à fort danger de propagation. Un récent cas de rage, en octobre 2025, entraînant la mort d’un habitant de Perpignan, rappelle la fonction de sentinelle qu’exerce le laboratoire : « Ici, nous nous occupons des pathogènes chez l’animal. S’il atteint l’homme, c’est l’Institut Pasteur de Paris qui en prend la charge. On est complémentaire. Il s’avère que ce cas relève d’un contact avec un virus canin, mais pour connaître l’origine, il faut remonter l’antériorité des déplacements de cet homme car ce virus peut avoir une longue incubation. » Elle peut atteindre un an.

Centre ressource européen

Dans sa mission de biosécurité, le laboratoire du Grand Nancy étend sa toile à l’Europe en qualité de centre ressource. Les derniers rapports mentionnent d’ailleurs un retour du virus de la rage à l’extrême est de la Pologne. « Le virus revient via des animaux issus d’Ukraine » reprend David Fenard sans plus de détails.

L’année passée, l’ANSES a ainsi enregistré 87 demandes de saisines (demandes d’expertise scientifique) dont sept urgentes.

La tique, le blaireau et les musaraignes

Ici ont récemment été découverts des blaireaux atteints de tuberculose bovine. Cela pourrait constituer un potentiel maillon d’une chaîne infernale. Car le diable se cache dans les détails qu’épie le labo.

L’effet papillon en somme comme le rappelle le virologue : « En 2020, il y avait un foyer dans l’Ain d’une quarantaine d’individus atteints de graves maux de tête (N.D.L.R. : méningite lymphocytaire). Ils avaient ingéré des fromages au lait cru de brebis contenant le virus TBE, l’agent responsable de l’encéphalite à tiques. Une chèvre a dû être piquée et voici le tout premier cas identifié d’encéphalite à tiques lié à la consommation de produits au lait cru. »

C’est le plus souvent en piquant un petit rongeur que la tique attrape la bactérie Borellia vecteur de la maladie de Lyme. « Dans les prochaines semaines, on lance une étude sur la musaraigne », reprend David Fenard qui a récemment appris qu’une nouvelle tique, d’origine africaine, venait d’être découverte dans le sud de la France.

Loin de ses recherches sur le VIH à San Francisco, de celles en thérapie cellulaire au Généthon d’Évry, David Fenard étudie, sans ellipse, à présent, depuis les hauteurs de Malzéville.