Depuis l’été 2024, le bus « Spot santé » circule dans différents quartiers de Strasbourg pour parler santé et prévention. On est allés à la rencontre des acteurs/rices de ce bolide vert, lors d’une de ses haltes à Hautepierre. On vous emmène.

En ce vendredi 6 mars, impossible de louper la vive couleur verte du bus Spot santé, installé en plein milieu de la place Comtesse-de-Ségur, au coeur de Hautepierre. Pendant plus de trois heures, les habitant(e)s du quartier ont pu échanger avec les acteurs/rices de la santé présent(e)s ce jour-là.

Parmi eux, Flora Kurtz, infirmière et coordinatrice du bus Spot santé. C’est elle qui est à la manœuvre des déplacements et des différents rendez-vous de l’imposant quatre roues. 

Bus spot santé © Jules Scheuer / Pokaa

Réduire les inégalités sociales de santé

Présente dès le lancement du projet, elle revient sur les origines de ce cabinet médical ambulant. « Le bus santé est initialement né d’un appel à manifestation d’intérêt de la Région Grand Est en 2023, qui visait à soutenir les unités mobiles qui faisaient de la prévention et la promotion de la santé », explique-t-elle. 

Ce bus représente en réalité un outil supplémentaire pour lutter contre les inégalités territoriales au sein même de la ville. « À Strasbourg, plusieurs territoires ont des accès à la santé et à la prévention dégradés. Donc l’objectif premier de ce bus, c’est d’essayer de réduire ces inégalités sociales de santé pour rendre les informations accessibles au plus grand nombre », poursuit Flora Kurtz.


Bien entendu, le bus Spot santé ne peut pas se substituer à un rendez-vous en cabinet. « On ne fait pas de soins au sein du camion. L’idée c’est d’être au plus proche des habitants, de répondre à leurs questions, de présenter tout ce qui existe sur le territoire strasbourgeois en lien avec la santé et d’orienter les habitants », détaille l’infirmière.

Bus spot santé Flora Kurtz et Justine. © Jules Scheuer / Pokaa

« On aide aussi les gens à prendre des rendez-vous, on appelle des médecins et si les gens n’ont pas de suivi, on les met en lien avec des partenaires. » Car au-delà du besoin d’apporter de premiers échanges dans des quartiers touchés par cette désertification des offres de santé, l’objectif est aussi de pouvoir reconnecter certaines personnes avec les soins.

Les seuls actes médicaux dispensés dans le camion vert sont des relevés de constantes comme le poids, la taille, la glycémie ou la tension. Des dépistages pour l’hépatite B, l’hépatite C et le VIH sont également réalisables dans le périmètre du véhicule.

Détecter tôt un cancer, comme le cancer du sein, permet de le guérir dans 9 cas sur 10.

Justine, attachée de recherche clinique au Centre régional de coordination des dépistages des cancers Grand Est

« Suivant les partenaires qui sont présents, on peut faire des rétinographies pour les personnes diabétiques ou des Fibroscan pour les maladies du foie. On repère aussi les fragilités chez les seniors, on fait de la prévention sur la santé mentale, la vaccination et le suivi gynécologique. Un peu tout quoi », sourit Flora Kurtz.

Bus spot santé

Bus spot santé

Bus spot santé

Bus spot santé

Bus spot santé

© Jules Scheuer / Pokaa

Ces fameux partenaires sont en réalité différents à chaque déplacement du bus Spot santé et sont très importants.

« À chaque sortie, je suis accompagnée d’un partenaire santé, relié à une thématique qui relève d’une expertise. Suivant la thématique, on essaie un peu d’adapter le public qu’on recherche. Pour autant, l’idée c’est que malgré la thématique affichée, on est là pour répondre à toutes les questions », insiste la coordinatrice du dispositif.

Une sortie dédiée au dépistage du cancer colorectal

Ce vendredi 6 mars justement, le partenaire santé renvoyait à une actualité marquante : Mars Bleu, aka le mois de dépistage du cancer colorectal.

Bus spot santé © Jules Scheuer / Pokaa

« On participe à la coordination des trois campagnes de dépistage organisées sur le territoire, à savoir le dépistage du cancer du sein, du colon et du col de l’utérus. L’une de nos missions est d’informer le public. C’est pour cette raison qu’on travaille en partenariat avec le bus Spot santé », explique Justine, attachée de recherche clinique au CRDC (Centre régional de coordination des dépistages des cancers) Grand Est. 

« C’est pour ça qu’il y a une lunette de toilette sur notre stand », s’amuse-t-elle. 

La campagne de dépistage du cancer colorectal prend particulièrement sens au sein du dispositif du bus. « Ce dépistage enregistre le plus petit taux de participation. Alors qu’il est assez simple à faire. C’est gratuit, à faire à la maison et cela concerne les hommes et les femmes à partir de 50 ans », poursuit Justine.

Bus spot santé © Jules Scheuer / Pokaa

« Le kit de dépistage du cancer du colon permet de détecter des anomalies qui ne sont pas encore des cancers et qu’on peut facilement prendre en charge. Détecter tôt un cancer, comme le cancer du sein, permet de le guérir dans 9 cas sur 10. Donc le dépistage est hyper important, notamment avec le bus Spot santé, ça peut vraiment sauver des vies. » Ce travail de prévention peut donc avoir un énorme impact dans un parcours de soin.

85 interventions réalisées en 2025

« C’est pour cela qu’on essaie d’aller directement rencontrer les publics les plus éloignés du soin pour leur donner ces informations », conclut Justine. 

En 2025, le bus a recensé 85 actions à Strasbourg. Au mois de mars, plusieurs rendez-vous sont encore au programme, pour en savoir plus il suffit de cliquer ici.