Dix ans après les attentats de Bruxelles, La Libre est allée à la rencontre de ceux qui travaillent ou vivent dans la commune avec une question : Qu’est devenue Molenbeek une décennie après les attentats ? Pour beaucoup, cette période sombre appartient au passé, même si ses conséquences se font encore parfois ressentir. Certains déplorent une invisibilité des initiatives lancées pour favoriser la cohésion sociale tout en gardant espoir pour le futur.

Des habitants de deux tours à Molenbeek inquiets face à l’état de leur logement: « On est prêt à changer de commune, on veut juste partir »« Molenbeek, est une commune humaine où les gens s’entraident »

En s’éloignant de la place communale, l’agitation disparaît. Au milieu de ces rues calmes, impossible de manquer la maison des Cultures de Molenbeek et la bande de peinture rouge qui orne sa façade. Au total, une quarantaine de personnes travaillent dans ce service communal pour proposer divers ateliers, à destination des enfants et des familles. « Molenbeek, c’est avant tout une commune humaine, où les gens s’entraident », lance Nadia depuis son bureau à l’accueil de la maison de la culture. Cette dernière a grandi à Molenbeek, où elle est revenue en 2005 après avoir quitté la commune pendant quelques années. « Après les attentats de Bruxelles, j’avais honte de dire que je venais de Molenbeek. Pendant une période, j’ai même renié ma foi à cause de ce que ces personnes avaient fait. Je me suis finalement rendu compte que ma religion n’avait rien à voir avec cela ». Nadia rejoint le constat dressé par d’autres : la couverture médiatique dont Molenbeek a fait l’objet a, d’après elle, donné une image négative à la commune, qui persiste encore aujourd’hui.

Assise derrière son bureau de l’autre côté de la pièce, Amarata acquiesce. « Je ne vivais pas en Belgique au moment des attentats. Lorsque j’ai déménagé ici et que j’ai annoncé à mes proches que je m’installais à Bruxelles, j’ai été félicitée. Puis lorsqu’ils ont compris que je m’installais à Molenbeek, ils ont vu cela d’un mauvais œil ». Toutes deux affirment que Molenbeek ne correspond pas à la réputation qui lui a été faite au lendemain des attentats. « Il y a de nombreuses activités, des gens de cultures différentes qui se côtoient et qui interagissent entre eux, c’est un lieu riche », explique Nadia.

Ces deux Molenbeekoises en conviennent, la commune est encore en proie à l’insécurité. « Récemment, Molenbeek a été le théâtre de fusillades, il y a des personnes qui vendent ou consomment de la drogue à même la rue, et la police ne semble rien faire. À cause de cela nous ressentons toujours un sentiment d’insécurité ».