Qui a directement donné le ton en égratignant le compagnon de Kylie Jenner : « Les mesures de sécurité sont extrêmement strictes ce soir. On m’a dit que l’on craignait des attaques de la part des communautés de l’opéra et du ballet. » Beau joueur (il faut dire que les caméras étaient braquées sur lui en gros plan), a ri de la blague. Y compris lorsque l’animateur a ajouté : « Ils sont juste furieux que vous ayez oublié le jazz. »

Des blagues trash sur Epstein ou Trump

Très en forme, Conan O’Brien a ensuite épinglé une de ses cibles favorites, l’hôte de la Maison-Blanche, qu’il n’a jamais cité. « Nous vous parlons en direct depuis le Has a Small Penis Theatre. On verra s’il ose ajouter son nom là-dessus ! » Avant d’ajouter : « Je vous préviens, ce soir, les choses pourraient prendre une tournure politique. Il y a donc une cérémonie alternative des Oscars animée par Kid Rock au Dave & Busters, un peu plus bas dans la rue. »

Il a joint aussitôt les actes à la parole : « Dans Hamnet, la femme de Shakespeare accouche seule dans les bois. Ce qu’on appelle en Amérique des soins de santé abordables. » Plus trash encore : ‘C’est la première fois depuis 2012 qu’aucun(e) Britannique n’est nommé(e) pour la meilleure actrice ou le meilleur acteur. Un porte-parole britannique a déclaré : « Oui, mais nous, au moins, nous arrêtons nos pédophiles. »

Il serait étonnant que Donald Trump ne réagisse pas sur son réseau social.

Javier Bardem: « Non à la guerre, libérez la Palestine »

Que retenir d’autre de cette soirée ? Sigourney Weaver qui dévoile « son côté maternel le plus doux » en traitant Kate Hudson de « bitch » parce qu’elle câline Grogu, alias Baby Yoda, dans la salle. Javier Bardem qui soutient Gaza (« Non à la guerre, libérez la Palestine »), Jessie Buckley qui remercie ses proches restés en Irlande « qui sont probablement déjà tous bourrés », Barbra Streisand qui reprend quelques mesures du thème musical de Nos plus belles années après avoir rendu hommage à Robert Redford, Paul Thomas Anderson qui vante une boisson alcoolisée (« Allons prendre un Martini ») et, surtout, le discours de Michael B. Jordan.

« Je me tiens devant vous grâce à ceux qui m’ont précédé : Sidney Poitier, Denzel Washington, Halle Berry, Jamie Foxx, Forrest Whitaker, Will Smith, a-t-il déclaré. Je me retrouve parmi ces géants, parmi ces grands noms, parmi mes ancêtres, parmi mes potes. Merci à vous tous ici présents, et à tous ceux qui nous regardent chez eux, de m’avoir soutenu tout au long de ma carrière. Je le ressens. Je sais que vous voulez que je réussisse, et je veux y arriver parce que vous avez misé sur moi. Alors merci de m’avoir fait confiance, je vais continuer à me dépasser et je vais continuer à donner le meilleur de moi-même. »

Avant de conclure, sous le regard ému de ses parents (son père est venu expressément du Ghana), par un ultime remerciement « pour avoir cru en ce rêve, en cette vision de Ryan Coogler, et pour avoir misé sur la culture, sur des idées originales et sur une créativité originale. »

Les vainqueurs ont failli ne jamais être réalisés

Le CEO de Warner Bros., David Zaslav, a d’ailleurs reconnu que sans la personnalité des réalisateurs, « deux ou trois films n’auraient peut-être jamais vu le jour » : « Je pense que Weapons aurait été réalisé, mais pas Sinners ou Une bataille après l’autre. » Soit les deux grands gagnants des 98e Oscars. On n’y croit pas trop, mais cela annonce peut-être le début d’une nouvelle ère à Hollywood.