La moitié de la D1 en positif
Huit clubs sur seize, en D1A, ont bouclé la saison passée avec un bénéfice. Le Club Bruges a terminé avec un peu plus de dix-huit millions € de bénéfices, loin devant l’Union SG (voir infographie). Le Patro Eisden Maasmechelen, ovni de la Challenger Pro League dans ce classement, a également terminé l’année largement dans le vert.
Une remarque, toutefois, pour le club limbourgeois : après étude de son dossier par la commission des licences, son résultat passé au tamis du fair-play financier devient négatif, en raison d’ajustements. Ce n’est pas un mauvais point, juste une adaptation pour rester dans les clous du gendarme financier du football belge.
Au terme de cet ajustement pour le fair-play financier, d’ailleurs, dix clubs de D1A reviennent en positif et tous améliorent leur trajectoire, même si certains restent en négatif, à coups de millions, à l’image de Westerlo (- 6 millions), Dender (- 3) et du Standard (- 2). Selon ce calcul du fair-play financier, qui tient compte des investissements durables tels que la formation, la Pro League note que l’exercice s’est clôturé avec un bénéfice de 68 millions € pour l’ensemble des clubs (le Club Bruges et Genk sont toutefois les vraies locomotives).

Résultats financiers (bénéfice/perte) des clubs de Pro League au 30 juin 2025 ©IPM GraphicsUne meilleure maîtrise salariale
Lorin Parys, le CEO de la Pro League, se félicite de cette amélioration et met en avant un point : une meilleure gestion de la masse salariale. « Le coût salarial a diminué de dix-sept millions €, commente-t-il. Dans la gestion des fonds propres, tout le monde est également en règle, à l’exception d’un club (le RWDM). »
Une (trop) grande dépendance de l’actionnaire
Si les clubs ont amélioré leur bilan financier, un élément interpelle toujours : les augmentations de capital des actionnaires. Cela démontre une trop grande dépendance, pour amortir les coûts. Le Standard, à cet égard, a bénéficié d’une augmentation de capital à hauteur de 53,7 millions € (!) pour la saison 2024-25.
Le club liégeois, sur les dernières années, devient d’ailleurs le premier club à dépendre de son actionnaire (86,3 millions d’augmentation de capital depuis 2021…). Quand on sait que les Rouches se cherchent des investisseurs et, dans l’attente du dossier de la licence, cela incite à en savoir plus.
« Cette dépendance aux actionnaires est un élément à prendre en considération mais, de manière générale, les clubs belges ne font pas plus appel à leurs actionnaires que dans les autres Ligues », commente Parys.
Attention au contrat télé…
Le bilan financier des clubs est positif « mais la situation reste précaire », prévient Lorin Parys. Le CEO est en effet bien conscient que les éventuelles retombées néfastes du contrat télé n’ont pas encore produit leur effet. « Les clubs ont encore bénéficié de 100 % du contrat télé au 30 juin 2025. Ce ne sera probablement pas le cas au 30 juin 2026 et on ne sait pas où on sera plus tard. »
Le dossier, complexe, pourrait connaître une avancée en avril-mai avec la réponse de l’autorité de la concurrence sur le fond du dossier et sanctionner, ou non, DAZN. Les finances en dépendront…