Chaque mercredi à Strasbourg, des groupes de séniors se réunissent pour pratiquer le Brain Ball. Une méthode de jonglage coopératif pour faire travailler son corps et sa tête.
Une « gym du cerveau » qui se joue en rythme
Ce mercredi matin, elles sont six, concentrées, une balle dans chaque main. Ici, pas de performance solitaire : le Brain Ball se pratique de façon coopérative, avec des balles, des sacs de graines ou des anneaux lestés, lancés et rattrapés en cadence. « C’est une méthode qui se pratique en rythme et en musique », explique l’animatrice Élise Rocher, qui guide le groupe pas à pas.
Le principe est simple et malin : au lieu de lancer en l’air, on fait rebondir au sol. Ce rebond marque le tempo, calé sur un métronome ou une musique dont le rythme est renforcé pour aider chacun à se repérer. Résultat : on bouge, on écoute, on synchronise… et les neurones travaillent sans même s’en rendre compte.
Apprendre en douceur, progresser ensemble
« On lance, on prépare, on lance, on prépare », répète Élise, en découpant les gestes. L’idée est d’avancer par étapes, avec des pauses pour laisser le mouvement devenir automatique. Une pédagogie rassurante, particulièrement précieuse quand on reprend une activité physique ou qu’on cherche à préserver sa mobilité.
Après les exercices en solo, place au binôme : deux lignes face à face, et la balle part… chez l’autre. « Vous allez voir, ce n’est pas plus dur », sourit l’animatrice. Là encore, le collectif fait la différence : on s’encourage, on s’ajuste, on se cale sur le rythme commun. Et quand ça marche, le plaisir est immédiat : « Yes, bravo. Super, parfait. »
Point clé : le Brain Ball entraîne aussi l’inhibition : quand une balle s’échappe, on ne court pas après. On reste concentré, on continue, et on reprend une balle dans la réserve.
Des ratés… qui deviennent un exercice positif
Dans la salle, les balles s’échappent parfois, et c’est normal. « On rit parce que forcément, il y a des ratés. Les balles se sauvent », raconte Élise. La discipline transforme même ces petits accidents en apprentissage : résister au réflexe de se précipiter, garder le fil, ne pas se laisser perturber.
Ce travail de l’attention et de la concentration se fait sans pression, dans une atmosphère légère. Le groupe apprend à rester dans le mouvement, à accepter l’imprévu, et à retrouver rapidement son rythme. Une façon concrète d’entraîner le cerveau… tout en cultivant la sérénité.
Une activité idéale pour bouger sans se faire mal
Françoise, participante, est venue chercher « un peu de sport », mais adapté : « Pas à me mettre par terre parce que je ne peux pas me relever. » Ici, les gestes restent accessibles, et chacun avance à son niveau. « J’aime bien l’ambiance. On rit bien tout en travaillant », confie-t-elle, soulignant l’importance du collectif.
Elle remarque aussi les effets au quotidien : « À 10 secondes de déconcentration, pouf, la balle part partout. » Une prise de conscience utile, qui renforce l’attention… et la confiance. « On travaille beaucoup le cerveau, donc ça, à notre âge, je crois que c’est très important », ajoute une autre participante, allant jusqu’à noter un petit bonus : « Je pense que je fais plus facilement les mots croisés. »
Accessible aux seniors comme aux plus jeunes, le Brain ball séduit au point d’ouvrir une session pour débutants. Une belle invitation à essayer, sans crainte de “rater” : ici, chaque rebond compte, et le plaisir de progresser ensemble fait déjà du bien.
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