Les garde‑côtes suédois ont arraisonné le pétrolier Sea Owl I dans la mer Baltique, dans le cadre du renforcement des contrôles sur la « flotte fantôme » russe.
Les garde‑côtes suédois ont arraisonné le pétrolier Sea Owl I dans les eaux territoriales du pays, au large de Trelleborg en mer Baltique, dans la soirée du jeudi 12 mars 2026. L’intervention s’inscrit dans le dispositif renforcé de contrôle des navires étrangers mis en place par Stockholm pour vérifier le respect des régimes de sanctions visant notamment la Russie.
Le commandant du Sea Owl I, un ressortissant russe d’une cinquantaine d’années, a été placé en détention provisoire sur décision de la justice suédoise, soupçonné d’usage de faux documents et de manquements à la législation maritime, en particulier aux règles de navigabilité. Selon le procureur, l’enquête porte à la fois sur la validité des documents de bord et sur l’état technique du navire.
Long d’environ 228 mètres et battant pavillon des Comores, le Sea Owl I arbore un pavillon que les autorités soupçonnent d’être faux et figure sur les listes de sanctions de l’Union européenne, aux côtés d’autres navires associés à la « flotte fantôme » russe. Au moment de son interception, le pétrolier ne transportait pas de cargaison et effectuait, selon les autorités, des rotations entre le Brésil et la Russie.
Moins d’une semaine auparavant, le vraquier Caffa a été intercepté le 6 mars dans la même zone, également sous pavillon suspect. Ce navire, d’environ 96 mètres, est soupçonné d’avoir transporté du grain d’origine ukrainienne depuis des ports de la région de Casablanca vers la Russie, ce qui a conduit à l’arrestation de son capitaine russe et au maintien du navire sous la garde des autorités suédoises dans l’attente des conclusions de l’enquête.
Ces deux arraisonnements successifs illustrent le durcissement de la réponse européenne face à la « flotte fantôme » russe, composée de navires souvent âgés, insuffisamment assurés, opérant sous pavillons de complaisance et utilisés pour contourner les sanctions, notamment dans le commerce du pétrole et des produits pétroliers. Dans ce cadre, les États côtiers de l’Union, dont la Suède, multiplient les contrôles en mer, associant garde‑côtes, autorités judiciaires et, lorsque nécessaire, unités spécialisées pour inspecter les documents, vérifier la conformité des pavillons et l’état des navires, et procéder à des détentions lorsqu’il existe des indices de fraude ou de non‑respect des régimes de sanctions.
L’Union européenne a par ailleurs élargi à plusieurs reprises, depuis 2024‑2025, le champ de ses sanctions à de nombreux navires identifiés comme appartenant à cette flotte fantôme, afin d’enrayer les circuits de transport qui permettent de contourner le plafonnement du prix du pétrole russe et d’autres restrictions sectorielles.
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