« Le toit m’est tombé sur la tête », raconte un médecin blessé lors d’une frappe du Pakistan sur Kaboul qui a touché un centre de traitement pour toxicomanes où les ruines sont encore fumantes mardi, selon une équipe de l’AFP.
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Vers 21H00 locales lundi (16H30 GMT), plusieurs fortes explosions ont retenti dans le centre de la capitale afghane. Le Pakistan, en conflit ouvert depuis des mois avec l’Afghanistan, a indiqué avoir visé des cibles militaires, les autorités talibanes l’accusant elles d’avoir tué des civils dans ce centre médical.
« J’avais fait le contrôle des patients et j’étais parti faire mes ablutions (avant la prière), quand l’explosion a retenti », raconte Azmat Ali Momand, 30 ans, médecin au « camp Omid », nom du centre, depuis deux ans.
« Le toit m’est tombé sur la tête. J’ai deux points de suture sur ma jambe et à la tête », poursuit-il. Resté un temps inconscient, il s’est ensuite rendu dans la salle des urgences « où d’autres blessés arrivaient ». « Je leur ai donné les premiers soins, ils étaient grièvement touchés et beaucoup ont commencé à être transférés vers d’autres hôpitaux », dit le médecin.
« Beaucoup de morts »
« Il y a beaucoup de morts, mais on ne sait pas combien », ajoute-t-il mardi matin toujours présent sur les ruines encore fumantes et noircies du bâtiment. Ce mardi matin, les autorités afghanes font état de 400 morts.
Face au manque de brancards, les secouristes transportaient morts et blessés dans des couvertures vers l’extérieur à la lumière des torches alors qu’un incendie causé par l’explosion faisait rage à proximité, a constaté l’AFP.
Guerre ouverte
Des dizaines d’ambulances se sont relayées une grande partie de la nuit pour amener les blessés dans d’autres hôpitaux.
AFP
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Mardi, dans un bâtiment au toit effondré, des chaises, couvertures et bouts de lits médicalisés, ainsi que des restes humains sont visibles et l’opération de secours se poursuit.
Après une escalade en octobre qui avait fait des dizaines de morts, les affrontements entre Pakistanais et Afghans s’étaient calmés sans jamais s’arrêter. Mais ils ont repris avec intensité le 26 février après des frappes pakistanaises, Islamabad parlant de « guerre ouverte » le 27 février et frappant Kaboul dans la foulée.