
Cécile Coune devient la nouvelle présidente du conseil d’administration de Proximus. ©ProximusPlus de travail, donc plus de réunions
Ce contexte se reflète directement dans la charge de travail des administrateurs. En 2024, Proximus avait tenu 10 réunions du conseil d’administration (les réunions les plus importantes et les seules tenues au complet), 6 réunions du comité d’audit, 6 du comité de nomination et de rémunération, 2 du comité international et 2 du comité de transformation et d’innovation.
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« C’est lourd, il y a des projets complexes, c’est beaucoup de travail. »
En 2025, le rythme s’est quant à lui un peu intensifié. Le comité de transformation et d’innovation a certes disparu, mais les administrateurs ont pu échanger plus souvent, avec 13 réunions du conseil, 5 du comité d’audit, 9 du comité de nomination et de rémunération et 2 du comité international. Au total, le conseil et ses comités ont donc tenu 29 réunions, contre 26 l’année précédente. Le rapport précise par ailleurs que, sur ces réunions du conseil, six réunions extraordinaires ont été rémunérées. « C’est clair que l’année a été mouvementée pour le CA », nous glisse un responsable chez Proximus.
Précisons aussi que, parmi les nouveaux visages récemment annoncés au conseil d’administration, le MR a finalement opté pour Muriel de Lathouwer, ex-CEO d’EVS, afin de remplacer Audrey Hanard au sein du CA.
En coulisses, certaines critiques circulent sur le manque d’expérience dans l’univers des télécoms chez plusieurs nouveaux administrateurs proposés (dont le CEO de Pairi Daiza Eric Domb ou le chef cab’ de Jan Jambon, Francis De Meyere), ainsi que chez les autres déjà en place. Mais ces nominations sont aussi défendues. « Proximus, ce n’est pas une seule entreprise, c’est complexe. Avoir des profils diversifiés permet de challenger en profondeur », confie une personne bien placée pour connaître le conseil d’administration. « C’est lourd, c’est beaucoup de travail […]. D’ailleurs, la nomination de Cécile Coune, c’est une bonne chose. Stefaan De Clerck connaît bien les dossiers et il était là depuis l’époque Bellens. Il fallait quelqu’un d’efficace pour relever le défi et elle l’est. Elle sait sortir de la zone de confort, elle ose remettre en question les choix », nous dit-on encore. Un constat qui revient chez plusieurs sources.
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« Faire trop de réunions comporte un risque, celui du micro-management, c’est vrai. Mais 13 réunions du CA, chez Proximus, ce n’est pas trop. »
Et concernant le nombre de réunions ? Là aussi, le débat existe. « Ça a parfois mauvaise presse, il y a une pression pour les limiter, mais ça prend du temps, c’est beaucoup de travail. Je pense qu’il n’y en a pas assez vu le travail. En faire trop comporte un risque, celui du micro-management, c’est vrai. Mais 13 réunions du CA, chez Proximus, ce n’est pas trop », glisse encore cette même source. Mais en dehors du (petit) milieu des administrateurs d’entreprises, le message est plus critique.
Il faut aussi rappeler que Proximus n’a pas modifié sa politique de rémunération des administrateurs depuis 2004. Les montants des jetons de présence ne sont pas indexés, mais le nombre de réunions, lui, a augmenté ces dernières années. Et l’activité du groupe aussi.
Pour rappel, le président du CA perçoit toujours 50 000 euros fixes par an, 10 000 euros par réunion du conseil et 2 500 euros par réunion de comité. Les autres administrateurs touchent 25 000 euros fixes, 5 000 euros par réunion du conseil et 2 500 euros par comité.
Le cap du million d’euros de jetons franchi
La facture totale grimpe néanmoins. La rémunération globale du conseil d’administration passe de 1 296 068 euros en 2024 à 1 476 391 euros en 2025, soit une hausse de 13,9 %. Dans le détail, la partie liée aux jetons de présence passe de 922 500 euros en 2024 pour les 14 administrateurs à 1 095 500 euros en 2025. Le cap symbolique du million d’euros est donc franchi. À cela s’ajoutent environ 2 000 euros de frais de communication par administrateur et par an. Seul le président, et bientôt présidente, dispose d’une voiture de fonction.

La rémunération octroyée aux membres du Conseil d’Administration en 2025. ©Rapport annuel de Proximus
Le rapport 2025 reconnaît également la « pression concurrentielle qui ne cesse de s’intensifier », tout en mentionnant aussi certaines opportunités, notamment dans le secteur de la défense, sans oublier les enjeux liés au déploiement de la fibre et de la 5G.
Deux bonus pour le nouveau CEO
Le nouveau CEO Stijn Bijnens – qui a annoncé la suppression de 1 200 emplois d’ici à 2030 – a reçu un bonus d’arrivée de 250 000 euros ainsi qu’un bonus « long terme » spécial de 248 852 euros, des bonus destinés à compenser des avantages perdus chez son précédent employeur, Cegeka.
Proximus a accordé 250 000 euros de prime à son nouveau CEO
Précisons que ce bonus « à long terme » est assorti de conditions de durée — rester au moins trois ans à la tête de Proximus — ainsi que de conditions de résultats. Une forme de bonne gouvernance, pourrait-on dire, là où certaines primes exceptionnelles, comme chez Syensqo, n’ont pas toujours été assorties de conditions dans le temps.
Reste à voir si cette politique de rémunération sera validée par les actionnaires lors de l’Assemblée générale du 15 avril prochain, alors que celle de l’année dernière avait été refusée justement, afin de l’analyser en profondeur.