Vous repartez en tournée avec un nouvel album sorti en octobre 2025. À chaque annonce, on a l’impression que c’est un événement. Est-ce aussi votre ressenti ?

« Je ne sais pas si c’est un événement pour les gens mais, pour moi, oui. Les albums et les tournées sont les projets les plus personnels que je fais. Quand je joue au cinéma ou au théâtre – que j’ai découvert il y a deux ans et que j’adore – j’entre dans l’univers de quelqu’un d’autre. J’interprète sa vision. La musique, en revanche, c’est mon univers. Je ne suis pas seulement interprète : je crée, je fabrique, je choisis. C’est beaucoup de travail, mais c’est passionnant. Donc oui, pour moi, c’est toujours un événement. »

Votre carrière approche les 40 ans. Vous en avez conscience ?

« On me le rappelle souvent (rires). Mais c’est aussi quelque chose de très précieux. C’est rare de durer aussi longtemps dans ce métier. C’est à la fois vertigineux et magnifique. »





Après un nouvel album en octobre 2025, Vanessa Paradis est en tournée. Elle sera au Zénith du Grand Nancy le 3 avril   Photo Karim Sadli

Après un nouvel album en octobre 2025, Vanessa Paradis est en tournée. Elle sera au Zénith du Grand Nancy le 3 avril   Photo Karim Sadli

Vous avez commencé très jeune. Avez-vous eu le sentiment de grandir trop vite ?

« Non, pas vraiment. Quand on a 14 ans, on est assez insouciant. C’est vrai que tout est allé très vite, surtout quand on passe de l’anonymat à la célébrité en un mois. Là, on s’en rend compte ! Mais sinon, je n’ai pas eu l’impression que ça allait trop vite. »

La notoriété est arrivée très tôt avec le tube « Joe le taxi ». Quand vous la chantez encore aujourd’hui, que ressentez-vous ?

« Forcément, il se passe quelque chose. C’est la chanson avec laquelle les gens m’ont connue. C’est un peu comme retourner au café du premier baiser. Elle change aussi à chaque tournée, parce qu’on la réarrange. Mais oui, il y a toujours une émotion particulière. J’ai l’impression qu’elle est autant à eux qu’à moi. »

Il y a eu aussi votre rencontre avec Serge Gainsbourg. Peut-on parler d’un tournant dans votre carrière ?

« Oui, bien sûr. Mais ce tournant ne tient pas seulement à lui. À cette période, il y a eu beaucoup de choses importantes : travailler avec Serge Gainsbourg, le film Noce blanche , des rencontres comme Jean-Baptiste Mondino, puis Jean-Paul Goude et Chanel. Tout cela s’est produit la même année. Ça a été un moment clé. Mais, évidemment, travailler avec Gainsbourg était un rêve. C’était fou d’avoir eu la possibilité de travailler avec lui et même de faire un album entier avec lui ! »





Après un nouvel album en octobre 2025, Vanessa Paradis est en tournée. Elle sera au Zénith du Grand Nancy le 3 avril   Photo Karim Sadli

Après un nouvel album en octobre 2025, Vanessa Paradis est en tournée. Elle sera au Zénith du Grand Nancy le 3 avril   Photo Karim Sadli

Théâtre, cinéma, musique, mode… Y a-t-il encore un domaine artistique que vous aimeriez explorer ?

« Je ne sais pas vraiment. Peut-être la comédie musicale. C’est un genre qui rassemble beaucoup de choses que j’aime : le jeu, la musique, la scène. Peut-être qu’un jour, cela arrivera. »

Votre nouvel album, « Le retour des beaux jours », est donc sorti en 2025. Pourquoi ce titre ? Est-ce un message ?

« C’est d’abord le titre d’une chanson écrite par Étienne Daho. C’est un titre très lumineux. En réfléchissant au titre de l’album, je me suis dit que c’était le meilleur possible. Pour moi, ce n’est pas tellement un constat, plutôt un souhait. Une sorte de vœu qu’on prononce : le retour des beaux jours. »

On y retrouve des influences soul, jazz, pop… À la fois enivrantes et réjouissantes…

« Oui, mais la musique reste toujours insouciante, quelle que soit la manière dont on la fait aujourd’hui. Que ce soit avec un orchestre philharmonique ou seul devant un ordinateur, c’est toujours une façon de s’exprimer. On la fait toujours avec amour. C’est une façon de s’exprimer, d’extérioriser quelque chose. La musique peut vous emporter très loin, c’est effectivement très enivrant. »

Vous serez prochainement en concert au Zénith de Nancy. Comment prépare-t-on une tournée quand on a une discographie aussi riche ?

« Le plus compliqué, c’est de faire des choix. On ne peut pas chanter pendant huit heures ! Chacun a ses chansons préférées autour de moi. Mais j’essaie toujours d’équilibrer les nouvelles chansons et les anciennes, celles qui ont accompagné la vie des gens. Ensuite, le vrai travail, c’est l’ordre des morceaux : trouver le bon rythme, un peu comme un rythme cardiaque. »

Vous vous souvenez de votre dernier passage à Nancy ?

« Oui, c’était un très beau concert. Je me souviens surtout que l’un des musiciens du groupe, Eric Starczan, est originaire de la région. On avait l’impression de jouer chez lui, c’était très joyeux. »

Que trouve-t-on dans votre playlist du moment ?

« Un peu de tout. Du jazz, de la musique classique, du rap, de la pop française, beaucoup de soul et de néosoul. J’ai découvert récemment le groupe Khruangbin, que j’adore. J’aime aussi Loaded Honey, un projet lié au groupe Jungle. Et puis il y a aussi de jeunes artistes comme Arthur Ely, qui fera ma première partie. »

Vanessa Paradis sera en concert le vendredi 3 avril au Zénith du Grand Nancy