Au début des années 1990, les ados s’ennuient ferme dans la France de la fin du minitel, marquée par le chômage, les tabous et des hommes politiques (déjà) déconnectés de la jeunesse. Les émissions de libre antenne que les jeunes écoutent à la radio, le soir, cachés sous leur couette, font souffler un vent de liberté sexuelle. On y laisse éclater ses coups de gueule, ses coups de cœur ou ses coups de blues, énonce dans le documentaire Libre antenne un présentateur oublié du journal télévisé.

Les mêmes problèmes  à Paimpol, Paris ou Marseille 

Selon les réalisateurs Abel Mestre et Jérémy Michalak, deux hommes de médias qui profitent de ce documentaire pour interroger leur propre adolescence, sur Skyrock ou Fun Radio, ça allait très très loin. En recueillant les confessions nocturnes de jeunes auditeurs, l’animateur Difool et ceux qui ont copié ses émissions de libre antenne radio ont libéré la parole. À Paimpol, Paris ou Marseille, on s’est rendu compte que les jeunes avaient les mêmes problèmes, résume Abel Mestre.

Lire aussi : France Télévisions : Delphine Ernotte dévoile de nouvelles économies

Le téléspectateur reste quant à lui un peu sur sa faim, car les héritiers de ces libres antennes sont légion en ligne, sur les formats en direct ou « reacts ». Le film les ignore pourtant. On ne saura pas comment Difool a su évoluer pour adapter ses émissions à l’air du temps après la vague #MeToo. Ni ce qu’est devenue la pionnière « Super Nana », animatrice trash qui parlait des questions queers. Le film a toutefois le mérite d’explorer un passé un peu oublié et sa bande-son est une chouette compilation.

France 4 , 21 h.