Depuis octobre 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) conduit une enquête nationale de pharmacovigilance sur les vaccins ARNm contre le Covid-19. Les deux derniers rapports, publiés le 16 mars 2026, couvrent la période de février 2024 à juin 2025 et s’appuient sur les données issues de la Base nationale de pharmacovigilance (BNPV). Ni les évaluations de Comirnaty ni celles de Spikevax ne font émerger de nouveau signal de sécurité.
Comirnaty : 21 cas analysés, aucun signal nouveau
Pour le vaccin Comirnaty, 21 cas marquants ont été examinés sur la période étudiée, sans apporter d’élément nouveau par rapport aux 32 rapports précédents. Les analyses ciblées ont porté sur plusieurs pathologies faisant l’objet d’une surveillance spécifique. Concernant les occlusions de la veine centrale rétinienne, 41 cas ont été retenus sur 67 notifications, avec des facteurs de risque présents dans la majorité des situations, ce qui ne permet pas de confirmer un signal. Les experts ont également analysé 56 cas d’uvéites, 58 cas relevant du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (PoTS), de l’encéphalomyélite myalgique ou du syndrome de fatigue chronique, ainsi que 46 cas graves de sclérose latérale amyotrophique (SLA), sans mise en évidence d’un surrisque lié au vaccin. Du côté des grossesses, 10 cas de HELLP syndrome (maladie hémorragique rare) ont été recensés depuis le début de la vaccination, mais aucun lien causal n’a été établi.
Spikevax : 5 cas analysés, aucun signal nouveau
Le rapport consacré à Spikevax aboutit à la même conclusion. 5 cas marquants ont été analysés sur la période, dont 2 cas de SLA, un cas de dermatomyosite et des cas de syndrome de fatigue chronique.
Les auteurs estiment que les données disponibles ne permettent pas d’établir de lien entre ces événements et le vaccin. Plus largement, l’analyse des cas spécifiques ne fait pas émerger de nouveau signal.
Fermeture de l’enquête nationale après 5 ans
L’Agence a décidé de clôturer l’enquête nationale ouverte au début de la campagne vaccinale 2020, au regard de l’absence de nouveaux signaux, des millions de doses administrées en France et des milliards injectées dans le monde.
La surveillance se poursuit désormais via une analyse en continu des cas marquants remontés par les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), avec un examen collégial des éventuels signaux au sein du Comité scientifique permanent de l’ANSM. Si un signal est confirmé, des mesures pourraient être prises en lien avec l’Agence européenne du médicament (EMA).