« Il faudrait des surfaces gigantesques »
Le fondateur de Reflect Orbital, Ben Nowack, veut donc proposer une sorte de service d’ensoleillement à la demande. Mais est-ce faisable ? Premier problème pointé du doigt par un expert en électronique spatiale : le fait que « dès que vous avez une couverture de nuages, il ne se passe plus rien ». C’est pourtant loin d’être le principal obstacle pour un tel projet.
D’abord, l’aspect économique. « Ça coûte excessivement cher de mettre des choses en orbite. Il faut parvenir à démontrer l’intérêt économique face à des batteries ou autres systèmes de stockage qui permettent d’avoir de l’énergie la nuit. » Notre interlocuteur s’interroge aussi sur l’efficacité réelle de ces satellites-miroirs. « La lune réfléchit aussi la lumière du soleil, mais elle est tellement loin que ça s’atténue. » Il faudrait donc rapprocher fortement les satellites pour un éclairage correct sur terre. Mais « si vous voulez être en orbite stationnaire pour éclairer un même endroit, il faut être à environ 36 000 km de la terre ». De quoi rendre la réflexion des miroirs moins efficaces. « Il faudrait des surfaces gigantesques », nous explique l’expert.
La startup précise que ses services pourraient également être utiles pour éclairer des zones sombres en cas de catastrophes ou comme éclairage public. Cela pose d’autres questions, notamment la perturbation des cycles naturels de l’environnement. Quant à un éclairage ciblé géographiquement, c’est surtout la Défense américaine que cela semble intéresser. L’armée de l’air américaine a d’ores et déjà investi plus d’un million de dollars dans le projet. Le principe de « lumière sans limites » apporterait dès lors plutôt un service d’appui tactique en cas d’opération militaire.