En 2013, le décret Marcourt (dit décret Paysage) a abaissé le seuil de réussite à 10/20 pour chaque unité d’enseignement. Ce qui est bien trop peu pour l’élue. « On doit revenir à plus d’exigence pour la prochaine législature. Réussir avec 10/20, je trouve ça inquiétant. On ne peut pas réussir avec 50 % de ce qu’il n’est pas permis d’ignorer », défend Stéphanie Cortisse. « L’exemple le plus parlant, c’est la médecine. On n’imagine pas un médecin connaître une maladie sur deux. Avec les socialistes, on a revu à la baisse le niveau d’exigence. Mais on peut changer les choses. On le fait notamment au niveau du travail en disant qu’on n’a rien sans rien, et au niveau de l’enseignement. On ne fait pas ça pour exclure les élèves mais pour les tirer vers le haut. »
Dès la rentrée prochaine, le seuil de réussite du CEB (6e primaire), CE1D (3e secondaire) et CESS (6e secondaire) passe de 50 à 60 %. La ministre de l’Éducation Valérie Glatigny a prévu toute série de moyens pour soutenir les élèves en difficulté. « Il est prouvé scientifiquement que les élèves changent leur comportement et s’adaptent pour atteindre un seuil supérieur. Les élèves, sachant qu’ils réussissent à 50 %, ne fournissent pas plus d’effort que ça », insiste la libérale. « La même réflexion sur le seuil de réussite doit avoir lieu dans le supérieur car les étudiants seront des élèves qui auront réussi les épreuves certificatives externes avec au moins 60 %. »
Interpellée sur le sujet lundi en commission, la ministre-présidente a rappelé que le passage au seuil de 10/20 « ne constitue pas un relâchement, mais une manière de faire confiance aux jurys et enseignants ». « L’objectif premier demeure de garantir la confiance dans l’évaluation, en valorisant l’acquisition réelle des compétences plutôt que de se limiter à la fixation d’une moyenne chiffrée », a indiqué Elisabeth Degryse en charge de l’Enseignement supérieur. Si le gouvernement reste attentif, il ne prévoit pas de changement sous cette législature.