« Il ne devrait pas y avoir de pénurie de pétrole en Belgique »
À l’heure actuelle, cette flambée des prix à la pompe est une bonne nouvelle pour les caisses de l’État belge. En effet, le gouvernement De Wever n’a pas pris de mesure, jusqu’à présent, pour aider les citoyens et les entreprises à faire face à la crise. L’Arizona ne dépense donc pas d’argent supplémentaire en raison de la guerre au Moyen-Orient.
En revanche, la hausse des prix à la pompe signifie une hausse des recettes TVA pour l’État. Les accises, quant à elles, restent identiques, étant donné qu’il s’agit d’un montant fixe par litre.
Le diesel rapporte
Mais revenons-en à la TVA. En ce qui concerne le diesel, l’État pouvait prélever un maximum de 30,51 centimes par litre avant la guerre. Mais, depuis ce mercredi, il peut prélever jusqu’à 36,57 centimes par litre de diesel, suite à l’augmentation des prix. Pour un plein de 50 litres de diesel, cela représente un surplus de 3,03 euros en recettes TVA.
En tant normal, la consommation mensuelle de diesel est comprise entre 500 et 600 millions de litres. Si la crise devait durer un mois, l’État pourrait donc empocher une trentaine de millions d’euros supplémentaires en recettes TVA, grâce au diesel. À condition que les automobilistes ne modifient pas trop leur comportement. Mais, même durant la flambée des prix de l’été 2022, la consommation de diesel était restée supérieure à 500 millions de litres par mois.
Énergie : les mesures de crise ont coûté 4,2 milliards au budget belge
Au niveau de l’essence 95, les recettes supplémentaires sont moindres que pour le diesel. En effet, l’État peut prélever un surplus de 1 euro par plein de 50 litres, suite à la hausse des prix. La consommation d’essence 95 s’élève à environ 250 millions de litres par mois. L’État pourrait donc percevoir environ 5 millions d’euros de recettes TVA supplémentaires, si les prix élevés actuels de l’essence 95 devaient se maintenir durant un mois.
Au niveau de l’essence 98, la consommation est moindre et l’État devrait percevoir, au maximum, 1 million d’euros supplémentaires en recettes TVA.
La consommation de mazout varie beaucoup
Au niveau du mazout de chauffage, l’État a aussi augmenté ses recettes TVA. En effet, on a observé une hausse de 6,96 centimes par litre en recettes TVA, pour une commande 1 000 litres. Ceci dit, la consommation de mazout est très différente d’un mois à l’autre. En temps normal, celle-ci varie de 150 à 350 millions de litres par mois. En se basant sur une consommation mensuelle de 150 millions de litres, l’État pourrait empocher un surplus de 10,5 millions d’euros en recettes TVA, grâce au mazout.
En tenant compte de l’essence, du diesel et du mazout, l’État pourrait donc voir ses recettes TVA mensuelles boostées de 46,5 millions d’euros. À condition que les prix élevés actuels se maintiennent pendant une durée d’un mois.
Néanmoins, ce montant est à relativiser. Pour rappel, lors de la crise énergétique de 2022-2023, l’État a dépensé plus de 4 milliards d’euros pour venir en aide aux citoyens et aux entreprises.
En cas de crise prolongée, il est donc probable que le gouvernement dépense davantage que la hausse de ses recettes TVA.