Un comité russe des droits humains a accusé mercredi le documentaire « Mr Nobody contre Poutine », primé aux Oscars, d’avoir utilisé des images de mineurs sans le consentement de leurs parents, dans une première réaction officielle à ce film dénonçant l’embrigadement d’élèves en Russie.
Pavel Talankine, animateur pédagogique et vidéaste dans une école de la petite ville de Karabach, dans l’Oural, a filmé officiellement l’embrigadement de plus en plus poussé des élèves, voulu par les autorités russes à partir de l’offensive à grande échelle lancée en Ukraine le 24 février 2022.
Opposé à cette guerre, le vidéaste a fui la Russie à l’été 2024, avec les disques durs contenant ces vidéos. Les images sont à l’origine du film de 90 minutes, coréalisé par M. Talankine et le réalisateur américain David Borenstein, qui a reçu le prix du meilleur documentaire aux Oscars.
Le Conseil présidentiel russe pour les droits humains, un organe consultatif, a indiqué mercredi sur Telegram avoir écrit au comité d’organisation des Oscars et au directeur général de l’Unesco, pour demander à l’Académie des Oscars « d’examiner si cette oeuvre est conforme aux normes éthiques et juridiques appliquées par l’Académie lors de l’attribution de ses récompenses ».
Selon cette instance, « l’utilisation d’images de mineurs a été effectuée sans obtenir le consentement des parents ou d’autres représentants légaux des enfants, et sans tenir compte du caractère limité de l’usage de ce type de matériel, initialement enregistré en milieu éducatif ».
Elle affirme également que les parents et représentants légaux des mineurs apparaissant dans le film « ont saisi les autorités compétentes de la Fédération de Russie afin de protéger les droits de leurs enfants ».
Interrogé par les médias sur ce documentaire, le Kremlin a plusieurs fois botté en touche.
« Je n’ai pas vu ce film « , a ainsi réagi lundi le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.
Le film n’apparaît pas non plus dans le tableau récapitulant le palmarès des Oscars publié dimanche par l’agence de presse étatique russe Ria Novosti.
bur/cn